Il est des suites qui prolongent une histoire. Et puis il y a Zootopie 2, qui la déploie comme un éventail irisé, révélant des couleurs qu’on ne soupçonnait même plus, un peu comme si Disney s’était souvenu soudain de ce que signifiait réellement l’expression “film d’animation ambitieux”. J’attendais beaucoup, évidemment : le premier opus m’avait laissé un sourire durable. Mais là… pas une seconde je n’ai été déçu. J’ai adoré, totalement, profondément, du premier cadre jusqu’au dernier battement musical du générique (il y a une scène post gen).
Le studio ne se repose aucunement sur sa gloire passée. L’histoire est un tourbillon parfaitement tenu, qui mêle enquête nerveuse, aventure haletante et humour tranchant, sans jamais perdre ce supplément d’âme qui rend l’univers de Zootopie si unique. La narration serpente avec une élégance rare : chaque scène pousse la suivante, chaque détail nourrit un crescendo presque orchestral. Et que dire du rythme, toujours précis, avec cette capacité à alterner éclats de rire et frissons narratifs avec une maîtrise presque insolente.
Visuellement, c’est un émerveillement pur. L’animation, déjà de haute qualité en 2016, atteint ici une dimension de très haut niveau. Les textures vibrent, les décors respirent, la caméra danse. On sent une année particulièrement forte pour l’animation, mais Zootopie 2 se permet d’être au sommet de cette vague, dominant par la fluidité de ses mouvements, la luxuriance de ses environnements, la richesse de ses ambiances lumineuses. Et, au milieu de ce festin visuel, une référence délicieuse pour les cinéphiles : un détour à travers un décor évoquant directement le labyrinthe de Shining, traité avec un humour et une minutie qui m’ont presque fait applaudir dans la salle.
Les personnages, eux, n’ont jamais semblé aussi vivants. Judy et Nick rayonnent, affûtés par de nouvelles nuances, parfois plus vulnérables, souvent plus drôles, toujours profondément humains. Les nouveaux venus s’intègrent à merveille, chacun apportant une couleur, un geste, une énergie qui enrichit ce bestiaire social déjà si dense. L’action est nerveuse sans être vulgaire, la musique pulse sans écraser, et l’humour tombe toujours juste, dans une écriture étonnamment fine pour un film familial.
Et pendant que je m’émerveillais devant cette réussite artistique, une autre nouvelle s’imposait : selon les premiers résultats en Chine, Zootopie 2 est littéralement en train d’exploser tout sur son passage. Les démarrages s’alignent sur les monstrueuses bases de Ne Zha 2, et si la tendance se poursuit, le film pourrait tout à fait viser les 500 millions de dollars rien qu’en Chine. Un raz-de-marée. Un triomphe annoncé.
En sortant de la salle, j’avais cette sensation rare : celle d’avoir assisté à un spectacle total, généreux, maîtrisé, drôle, beau, intelligent, résonnant. Zootopie 2 n’est pas juste une bonne suite. C’est une éclatante affirmation de ce que peut être le cinéma d’animation lorsqu’il avance sans cynisme, porté par une vision, un cœur et une joie de raconter. Honnêtement, s'il venait à gagner l'Oscar du film d'animation, ce ne serait pas un complet scandal malgré la folle concurrence.
Un solide 8/10, donné sans hésitation et avec le sourire. Une merveille qui dépasse largement ses promesses. Une suite qui honore l’original… et qui, à vrai dire, le dépasse peut-être un peu.
A découvrir!!!!