Blast commence comme une comédie légère sur une petite fille qui se fait emmerder dans la rue par des petits cons. Il s’agit de ne pas se laisser humilier mais rapidement la gamine se prend une rouste. Alors elle va se mettre au karaté. Et la gamine (incroyable Shivakami S. L.) va commencer à casser des goules (et à ouvrir les gamelles coincées de ses copains). Et Blast se révèle alors au spectateur égaré qui ignorait à peu près tout du film et qui se posait la question de la nature de cette histoire. Nous sommes clairement dans un récit initiatique et un conte moral calibré pour les jeunes filles qui arrivent à l’adolescence et ont besoin de voir des films avec des role models qui les inspire. Certes, je ne suis pas vraiment le public, mais pourquoi pas. La petite fille grandit et devient une fringante jeune femme, interprétée par Preity Mukhundhan. S’installe alors une intrigue criminelle qui serpente entre diverses interrogations morales sur la justice et la violence. Une bande de gros mafieux cherche à effectuer un deal financier afin de corrompre des margoulins en vue d’obtenir la permission d’aller forer une montagne pour y récupérer de l’opale noire, risquant de détruire toute la région, et le petit village qui s’y trouve.

Propulsé par un soundtrack électrisant (composé par Ravi Basrur, à qui on doit la zik de KGF et de Toxic) et malicieusement tricoté, le récit d’une banalité assez confondante saute de petite surprise en bonnes idées et reste fun du début à la fin. Certes, on est dans un film visiblement orchestré pour faire rêver les petites filles qui s’émerveilleront des prouesses martiales de l’interprète principale, secondée par sa daronne (Abhirami, vue dans Thug Life et dans Rambo, le remake tamoul de Rocky) et son daron (l’Action King Arjun, vu récemment dans Leo), mais on est dans un film où la morale, au fond, c’est que pour protéger les innocents, faut pas hésiter à décapiter, massacrer ou même enterrer vivant les mafieux et les margoulins qui sont à leur service. À ce sujet, la dimension plutôt burlesque et légère de cette pochade n’empêche pas son réalisateur scénariste (dont c’est le premier film, bordel…) d’écrire de manière stimulante ses personnages, ne prenant rien à la légère. Le sérieux et la rigueur de cette bande de filous m’a fasciné. Tentant désespérément de comprendre ce qui a couillé dans leur plan, dépassés par les évènements et perdant peu à peu le contrôle de la situation, ils agissent rationnellement et restent crédibles et inquiétants de bout en bout. Au-delà de l’écriture, saluons la performance d’Arjun Chidambaram ou de Pawan Krishna, absolument impeccables. Alors bien sûr, on pourra peut-être gloser sur certaines ellipses ou facilités de scénario évidentes, mais rien à foutre, c’est pas tous les jours qu’on retrouve son âme de gamine de 12 ans qui pète des genoux et égorge des goons.

Bravo donc à Subash K. Raj pour son premier film, un énième nom à retenir de l’ultra dynamique industrie cinématographique tamoule. Sa mise en scène est souvent inventive, toujours dynamique et même s’il a eu la main lourde sur les ralentis, ses bastons sont toutes super cools et hyper feel good. Il y a même quelque chose d’assez fascinant à constater le soin apporté à la photo, aux cadres et à la lumière, toujours élégants, pour ce qui aurait pu n’être qu’un petit film d’action de plus perdu dans la masse de ce genre de produits souvent génériques et sans grande identité.

Merci donc pour ces 2h20 remplies de satisfactions sincères et de ricanements goguenards. Certes, c’est pas le chef-d’œuvre de l’année, mais pour l’instant, c’est de loin le film le plus fun !


MelvinZed
7
Écrit par

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le 2 sept. 2026

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