Sylvia, secrétaire, vit avec sa jeune soeur autiste. Sa vie est morne avec peu de relations avec le monde extérieur. Mike Leigh adapte sa propre pièce de théâtre pour son premier long-métrage lequel fut un échec public malgré le Léopard d'or obtenu au Festival de Locarno. Il mettra 13 ans pour revenir au grand écran. Le film aborde le sujet de prédilection de Leigh : les relations humaines. Sous l'angle le plus gris qui soit avec cette incommunicabilité qui sous-tend tous les rapports de Sylvia et les gens qu'elle fréquente : au bureau et dans sa vie privée. Les dialogues, anodins, ne sont que longues hésitations et silences prolongés marquant la douleur de ne pouvoir exprimer ses sentiments. Tous les protagonistes de Bleak Moments sont des handicapés sentimentaux et sociaux. Un humour léger pointe parfois son nez mais l'ensemble est désespéré. On comprend que ce film délicat et chargé d'un lourd sous-texte n'ait pas connu le succès. C'est aujourd'hui une sorte de classique du cinéma britannique.