Just worry about the scream
Je sors juste de revoir ce chef d'oeuvre à la cinémathèque.
La copie est loin d'être neuve mais le son, le principal personnage, est là et bien là.
Autre surprise, de taille, la présence de Jean Douchet ancêtre des cahiers du cinéma, spécialiste de De Palma, entre autre, qui nous présente le film dans son ciné-club, (alors oui c'est une surprise pour moi parce que je ne savais pas que j'étais dans une séance du ciné-club de Douchet) et qui nous propose en bonus son documentaire sur le film "un cri de vérité" (présent sur le BluRay que je ne possède pas).
Autant dire que voir un film dans ces conditions, ça ne se fait pas tous les jours.
Et quel film ! Bon vu et revu, mais passer des diffusions de deuxième partie de soirée sur France 3 au grand écran, ça vous boosterait même "plus belle la vie" alors "Blow Out", ça explose !!
Tout a certainement été dit sur ce film alors je vais juste soulever le petit truc qui me titille sauvagement et qui me donne férocement envie de le revoir rapidement.
Le film s'ouvre sur une série B, tourné en steadycam, plan subjectif dans lequel le spectateur voit à travers les yeux d'un tueur voyeur (qui quand on le verra dans un miroir ressemble d'ailleurs un peu trop à un quidam grotesque pour nous dire certainement que c'est bien de nous qu'il s'agit). On arrive à une scène de la douche explicitement tiré de psychose, les gros lolos en plus, le cri en moins.
Le cri ridicule qui nous amène dans le vrai film à travers l'éclat de rire de Jack Terry (Travolta dans son meilleur rôle). Et si il est ridicule ce cri, c'est aussi la seule chose de vrai dans cette série B sur laquelle
Terry travaille comme ingé son.
Et c'est là que tout commence... et que tout fini.
Just worry about the scream ! C'est l'indication du metteur en scène pour finir son film. Et c'est le début du générique.
Un générique lequel on verra tout, en split screen.
D'un coté les actualités, qui parlent d'élections, de la fête de l'indépendance, du feu d'artifice final.
De l'autre, Terry écoute et classe des bobines de son, tous les sons qu'on entendra dans le film.
Et c'est là que ça me titille parce que tout est déjà là, dans le générique.
Et si tout ce qui se passe ensuite ne se passait que dans la tête de Terry ?
Terry qui met en scène les sons sur le pont, micro/baguette de chef d'orchestre à la main, faisant débarquer de nulle part une voiture et un complot.
Terry qui ressemble étrangement à ce tueur, qui passe aussi beaucoup de temps à écouter, casque sur l'oreille, double maléfique de notre héros.
Et ce marin qui se fait brancher par une prostitué, n'a t'il pas la même manière de bouger, de fumer ?
Et toute ces femmes, ne sont elles pas elles aussi des doubles de Nancy Allen, elle même double, à la fois ange et putain ? Rien que cette manière dont on le voit la sortir de l'eau, l'accouchant littéralement...
Mais ce n'est ici que ce qu'on voit et la mise en scène magistrale de De Palma passe surtout par le son, la vérité passe par l'oreille, c'est un film qu'on voit avec les oreilles, ici notre oeil nous trompe, ne nous y fions pas.
D'ailleurs, De Palma ne disait il pas; "le cinéma, c'est 24 mensonges par secondes" ?
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