Joe D'amato, est un réalisateur qui aime le cinéma de tous genres. En tous cas il se plaît autant à tourner des films d'horreur, des thrillers que des pornos : il ne regrette rien de ce qu'il a pu faire, et ça se sent au travers de ce film-ci ; un amour décomplexé pour le gore, le tout teinté d'érotisme.
J'ai apprécié le film par ce ton sympathique. En plus, le réalisateur n'hésite pas à prendre son temps pour décortiquer les scènes. On peut ajouter également qu'il n'a pas peur d'aller au bout de ses idées. L'on pourrait très bien interprêter ce récit comme la rupture difficile d'un jeune homme amoureux et ses nombreuses tentatives infructueuses pour passer à autre chose. Le film comporte de très nombreuses scènes fortes (par exemple, le jeune homme forniquant avec une demoiselle à côté du cadavre de sa fiancée) et Joe sait se montrer généreux en hémoglobine (oscillant entre rouge et rose).
Par contre, il y a de gros problèmes de longueur. Ce n'est pas juste la faute à des scènes trop longues et contemplatives (ces scènes s'apparenteraient plutôt à de la poésie), mais plutôt à un scénario qui manque d'un objectif principal plus affirmé. En gros on a l'impressoin que le héros erre de femme en femme jusqu'à la délivrance finale. Ce qui fait que la plupart du temps, on ne sait pas trop où on va.
Bref, Blue Holocaust est un bon film (je pensais d'ailleurs me coltiner un Z, je suis assez étonné de la mise en scène léchée) ; le réalisateur peut se vanter d'avoir monté des scènes fortes portées par de très bons acteurs (qui n'ont pas peur de se montrer à poil en plus). Le seul hic réside donc en un scénario par moment trop creux, ou pas assez solide et du coup un sentiment de longueur par moment.