Récompensée à La Semaine de la Critique lors du Festival de Cannes 2024, Constance Tsang aborde le deuil à travers un dispositif formel drastique dans son premier long métrage Blue Sun Palace.


Parler de deuil au cinéma est toujours ardu, tant il faut trouver le juste équilibre dans l’émotion pour ne pas basculer dans le tire-larme, à l’instar de Demolition ou de A Ghost Story. Constance Tsang évite le surplus de mélo grâce à une économie de moyens formelle. C’est par cette simplicité dans sa mise en scène qu’elle déploie les thèmes et l’émotion non forcée dans Blue Sun Palace.


Un deuil, cinq phases, deux plans


La particularité de Blue Sun Palace réside avant tout dans son découpage : Tsang décide d’utiliser globalement deux types de plans. D’un côté des plans serrés, à la caméra épaule et en longue focale qui permettent de rentrer dans l’intimité des personnages De l’autre, des plans fixes, très composés, souvent ornés de surcadrage, qui mettent de la distance et laissent vivre l’action. La réalisatrice alterne ainsi entre les deux types de plans avec maestria et garde toujours la bonne distance avec ses personnages dans un mélange entre proximité et pudeur.


Elle ne brise vraiment ce dispositif qu’une seule fois, juste avant l’écran titre. Elle y effectue un panoramique déchirant qui, sans divulgâcher, permet au film de vraiment décoller. Le plan constitue un vrai coup de maître de la part de Tsang, et ce geste cinématographique aussi simple qu’intense marque d’autant plus par son côté détonnant face au reste du film. De plus, on ne se lasse pas de l’élégante photographie en pellicule 35mm qui sublime la composition précise de la plupart des plans. C’est notamment en utilisant beaucoup de plans fixes qu’elle peut travailler une lumière naturelle et des cadres posés de façon minutieuse et esthétique dans leur minimalisme.


Critique complète de Jules : https://cineverse.fr/blue-sun-palace-constance-tsang-avis-critique/

CineVerse
8
Écrit par

Créée

le 28 févr. 2025

Modifiée

le 11 mars 2025

Critique lue 263 fois

CineVerse

Écrit par

Critique lue 263 fois

6

D'autres avis sur Blue Sun Palace

Blue Sun Palace

Blue Sun Palace

7

antoinegrivel

188 critiques

Un être vous manque et...

Il y a des films qui tiennent sur rien : ni la profondeur de leur intrigue, ni la complexité ou la flamboyance de leur mise en scène. Blue Sun Palace, premier long-métrage de Constance Tsang, est de...

le 14 mars 2025

Blue Sun Palace

Blue Sun Palace

4

Marlon_B

910 critiques

Contempler le vide

Derrière ses ambitions d’auteur, Blue Sun Palace repose sur un scénario très fragile, presque inconsistant. Les scènes s’enchaînent sans véritable nécessité, souvent vides, comme suspendues dans une...

le 23 mars 2026

Du même critique

La Légende d'Ochi

La Légende d'Ochi

7

CineVerse

211 critiques

Ochi, Téléphone, Maison

Projeté au Festival du Film de Sundance en janvier dernier, que vaut La Légende d’Ochi, dernier né des studios A24 signé Isaiah Saxon ?Si Isaiah Saxon ne vous dit probablement rien, son travail s’est...

le 29 janv. 2025

Baise-en-ville

Baise-en-ville

7

CineVerse

211 critiques

Banlieue Rose

Trois ans après le Grand-Paris, Martin Jauvat nous montre dans son Baise-en-ville qu’il cache bien plus qu’une poignée de blagues et de couleurs.La force de Martin Jauvat, c’est celle du décalage...

le 10 janv. 2026

Les Enfants rouges

Les Enfants rouges

8

CineVerse

211 critiques

La Menace fantôme

Inspiré d’une histoire vraie, Les Enfants Rouges, le très réussi deuxième long métrage de Lotfi Achour, nous plonge dans l’âme chamboulée d’un adolescent, témoin survivant d’une attaque...

le 15 avr. 2025