1961. A la Toho, Okamoto n’en est à qu’à sa troisième année d’activité de cinéaste. Suzuki Seijun ne s’est pas encore trouvé, la formule du yakuza eiga pop Nikkatsu ne fonctionne pas encore à pleins tubes, les jeunes cinéastes coréens ne sont pas nés et pourtant avec Blueprint for murder il leur dame le pion. Sur une durée série B, il est question d’espionnage industriel dont la sale arrière-boutique est très bien décrite, d’une enquête scénaristiquement embrouillée au cours de laquelle flic et yakuza font finir par faire équipe. Avec un peu de gadgets pré-Bond tels que le canon à clous. Les percussions de Sato Masaru annoncent celles du Blondie de Heart of glass. Les intermèdes chantés sont là bien avant Suzuki et Hasebe. Et surtout, pour ce qui est d’offrir une signature maniériste de chaque cadrage, Okamoto fait ça les doigts dans le nez, aussi bien que certains films de casse britons de l’époque. Avec des idées telles que le montage cut du test drive, le rouge clignotant lors d’un flinguage ou le plan subjectif en filtre chromatique rouge du truand au front ensanglanté. On est 1961, les Beatles ne sont là que dans un an mais l'esprit de la pop est déjà là avec un réalisateur fan de John Ford.