Faut-il aimer Tony Curtis pour suivre jusqu'au bout ce laborieux Boeing Boeing, molle adaptation d'un vaudeville du franco-suisse Marc Camoletti (1923-2003), l'une des pièces de théâtre les plus jouées au monde, paraît-il, et dont le moins qu'on puisse dire c'est qu'elle ne vole pas haut. En roue libre, comme l'ensemble du casting, le beau Tony en fait des caisses, à tel point qu'à ses côtés Jerry Lewis semblerait presque sorti d'un film de Robert Bresson. L'agitation permanente des personnages, entre une porte qui s'ouvre et une autre qui se referme, est peut-être drôle au début mais elle est juste fatigante sur la durée. On accordera tout de même deux étoiles à la toujours impeccable Thelma Ritter en cuisinière et femme de ménage héroïque qui éclipse tous ses partenaires lorsqu'elle apparaît à l'écran. Et une autre pour l'affriolante actrice allemande Christiane Schmidtmer, une ex-Playboy girl qui ne manque ni de charme(s) ni d'énergie, contrairement à une insupportable Dany Saval et son caricatural accent français.