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Parmi les thrillers produits dans le sillage du Silence des Agneaux et Seven, cette adaptation du roman Le Désosseur se démarque du tout-venant en draguant du côté de Fenêtre sur cour. Bone Collector réunit ainsi à l’écran un surprenant tandem composé d’un expert en criminologie tétraplégique et d’une prometteuse recrue du NYPD un peu fragile sur le plan affectif. Deux profils qui instaurent rapidement une dynamique originale à leur collaboration : depuis son lit médicalisé, le criminologue guide à la voix la jeune policière qui devient dès lors ses jambes, ses bras et ses yeux sur le terrain. Le cadrage et le montage rappellent régulièrement l’empêchement physique du criminologue, lequel ne peut d’ailleurs se représenter les lieux du crime que par la description que lui en fait sa partenaire. Tout le film repose ainsi sur la transmission d’un savoir et d’un regard d’un corps vers l’autre, renouvelant le modèle archétypal du vétéran et du rookie.
Revers de la médaille : Bone Collector se désintéresse du folklore associé au film de serial killer, faisant peu de cas du profil psychologique de son meurtrier. La séquence finale, prévisible pour qui a en tête l’œuvre d’Alfred Hitchcock susmentionné, tombe alors un peu à plat. La faute en revient principalement au scénariste et à ses facilités d’écriture (le numéro sur la rame de métro désaffectée) auxquelles il a artificiellement recours afin d’accélérer l’avancée de l’intrigue. Heureusement, l’habileté du réalisateur Phillip Noyce suffit à rendre ce dénouement un tant soit peu palpitant à l’écran. Ce dernier a d’ailleurs bénéficié de moyens conséquents pour emballer son film : les plans larges sur New-York ainsi que la richesse des nombreux décors de souterrains témoignent de l’ampleur de cette production à 48 millions de dollars. Noyce tire donc le meilleur de son équipe technique (cadrages et éclairages soignés) et de ses acteurs : Denzel Washington s’en sort remarquablement dans un rôle plutôt délicat aux côtés d’une Angelina Jolie très juste dans l’expression des sentiments de son personnage. Autour de ce couple, une solide galerie de seconds couteaux : Ed O’Neill, Michael Rooker, Luis Guzman et Queen Latifah.
Globalement, il se dégage une atmosphère subtilement élégiaque et tragique à laquelle l’élégante musique composée par Craig Armstrong apporte ses dernières nuances. Loin du thriller opportuniste, Bone Collector constitue alors une intéressante variation aux classiques du genre.
Créée
le 8 juil. 2025
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