S’il débarque directement sur Paramount+ en France, Bone Lake n’est pas un film de plateforme. Et pour cause, il est sorti dans les salles américaines en octobre 2025. Il n’empêche qu’à la vue du résultat, il a tout d’un produit destiné à ce média. Passé une introduction rigolote qui annonce clairement la couleur – sexe et violence -, Bone Lake s’enferme très vite dans une pudeur désespérante. Car si le titre se vend ouvertement comme un film d’horreur érotique, il ne pousse jamais les potards comme il prétend le faire. L’horreur est carrément aux abonnés absents, loin de toute tension et angoisse. Il y a certes deux effusions de gore qui explosent de manière jouissive, mais à la toute fin du film – à moins de 10 minutes du générique, sans exagération. Quant à la sexualité, si nous avons droit au début à des plans sans équivoque, le reste n’est que hors champs ou tout simplement caché par un élément de décor ou une caméra beaucoup trop prude. Entendre par ces deux remarques que Bone Lake n’assume jamais ce qu’il est, alors qu’il avait matière à livrer un divertissement tout aussi pervers que paranoïaque – notamment avec cette intrigue qui conjugue Barbare et Speak No Evil. Au lieu de cela, nous avons un rendez-vous manqué qui n’ose jamais, se perdant dans une fadeur digne d’un produit de plateforme – d’où la comparaison en début d’avis. Qui manque cruellement d’ambiance et de tension, avec sa mise en scène plate et ses comédiens.ennes à côté de la plaque. Même sur le second degré, Bone Lake arrive à se louper. Car si le final se révèle amusant, ce n’est pas par le gore dans lequel il s’autorise tardivement, mais également dans son ridicule assumé. Qui va d’un plan de tronçonneuse à la Evil Dead à des répliques d’une rare stupidité. Tout en passant par un jeu d’acteur en roue libre totale qui fait bien sourire. Mais encore une fois, ce n’est que pendant sa dernière ligne droite, le reste du métrage ne présentant aucune étincelle qui nous ferait ressentir ce second degré salvateur. Malheureusement, Bone Lake parait si terne qu’il est difficile de le prendre autrement qu’au sens littéral. Faisant de son visionnage un moment tout aussi navrant que désespérant.