Voir le film

Ce film de Mike Nichols de 1990 m’était totalement inconnu mais je me suis laissé tenter en voyant le casting impressionnant qu’il a réuni. J’ai compris après pourquoi il n’avait pas vraiment de vagues…Le titre français, comme souvent, est bien moins bon que l’original, « Postcards from the edge ». Il s’agit en fait d’une adaptation du roman très autobiographique de Carrie Fisher où elle évoque ses addictions et ses relations houleuses avec sa mère, Debbie Reynolds. Rappelons juste que quand elle a tourné « Le retour du Jedi » en 1983, Fisher était totalement perdue dans la drogue. C’est l’histoire de Suzy Vale (Meryl Streep), actrice de 2nd ordre, qui est une junkie notoire mais persuadée, comme tous les accros, qu’elle peut arrêter quand elle veut et que sa carrière n’en est absolument pas ébranlée. C’est bien sûr le contraire et le film commence par le tournage d’une scène que Suzy est incapable d’achever, bafouillant, riant aux éclats…avant d’aller renifler un nouveau rail de coke dans sa caravane. D’où une engueulade monstre du réalisateur (Gene Hackman). C’est à la suite d’une overdose qu’elle est obligée de se rapprocher de sa mère, Doris (Shirley MacLaine), ancienne vedette du cinéma et de la chanson mais bénéficiant encore d’une grande notoriété, dont elle s’était éloignée. Leurs relations ne tardent pas à se tendre sur fond de vieilles rancoeurs et de non-dits.

Le point positif de ce film est son casting royal car autour de Streep et MacLaine, Nichols a réuni un paquet de grands comédiens, Gene Hackman (impeccable comme d’hab’ dans le rôle du réalisateur Lowell Kolchek), Richard Dreyfuss, Dennis Quaid, Rob Reiner, Annette Benning. Ça n’est malheureusement pas suffisant pour rendre ce film passionnant, en dehors de quelques répliques vachardes de la fille à la mère qui font sourire. La réalisation de Nichols se révèle sans aucun éclat et il nous laisse une filmographie très inégale alternant le très bon comme « Qui a peur de Virginia Woolf ? » et « Le Lauréat » en 1967 (ses deux premiers films et aussi les meilleurs) mais aussi du moins bon comme «Closer, entre adultes consentants » en 2004. Malgré le talent des deux actrices principales, j’ai fini par m’ennuyer et je n’ai surtout jamais été touché par ce monde hollywoodien que Nichols critique ici, un monde prompt à vous encenser et tout de suite après à vous dégommer (quand Suzy surprend les propos de son réalisateur avec la costumière…). Et puis cette relation amour-haine entre la fille et la mère dans un monde de privilégiés m’est passée au-dessus de la tête ; tout ça est très nombriliste, égocentrique. Une sorte de règlement de compte sur Hollywood Boulevard mais qui est aussi une déclaration d'amour. Sur un thème similaire, Pedro Almodovar réalisait l’année suivante un film bien plus intéressant, « Talons Aiguilles », pas exempt de défauts mais bien plus riche et plus drôle.

JOE-ROBERTS
5
Écrit par

Créée

il y a 3 jours

Critique lue 3 fois

JOE-ROBERTS

Écrit par

Critique lue 3 fois

D'autres avis sur Bons baisers d'Hollywood

Bons baisers d'Hollywood

Bons baisers d'Hollywood

4

Broyor

2519 critiques

Critique de Bons baisers d'Hollywood par Broyor

Une bien chouette distribution ici, notamment avec ce duo MacLaine – Streep qui fait certainement des étincelles, faites d’ironie et d’un psychodrame familial gentillet, parfois un peu lourdingue...

le 26 avr. 2026

Bons baisers d'Hollywood

Bons baisers d'Hollywood

5

Caine78

8722 critiques

Critique de Bons baisers d'Hollywood par Caine78

Pour être honnête je n'ai pas des millions de choses à écrire concernant « Bons baisers d'Hollywood ». Le résultat n'est pas mauvais, on a droit à deux numéros d'actrices épatantes, le milieu...

le 12 avr. 2018

Bons baisers d'Hollywood

Bons baisers d'Hollywood

5

JOE-ROBERTS

2463 critiques

Casting de luxe mais film peu marquant

Ce film de Mike Nichols de 1990 m’était totalement inconnu mais je me suis laissé tenter en voyant le casting impressionnant qu’il a réuni. J’ai compris après pourquoi il n’avait pas vraiment de...

il y a 3 jours

Du même critique

David Gilmour: Live at the Circus Maximus, Rome

David Gilmour: Live at the Circus Maximus, Rome

9

JOE-ROBERTS

2463 critiques

Superbe prestation romaine.

Gilmour n’a fait que quelques dates pour sa tournée 2024 et aucune en France. En Europe, il fallait se contenter de Londres ou Rome, dans le site antique prestigieux du Circus Maximus (Genesis et...

le 19 sept. 2025

Vol.II

Vol.II

6

JOE-ROBERTS

2463 critiques

Plutôt intéressant mais en aucun cas renversant.

J’ai été intrigué par ce duo québécois qui débarque chez nous (tournée française de plusieurs dates) avec ce Vol. 2. On devine le plan savamment orchestré à grands coups d’apparitions médiatiques à...

le 16 avr. 2026

Rainy Sunday Afternoon

Rainy Sunday Afternoon

7

JOE-ROBERTS

2463 critiques

Un dimanche après-midi pluvieux avec Neil Hannon ? Et pourquoi pas ?

Revoilà l’Irlandais Neil Hannon et son faux groupe de The Divine Comedy. Ses albums de ces dernières années ne m’ont pas entièrement convaincu mais cette cuvée 2025 est plutôt bonne. Forcément, les...

le 23 sept. 2025