Ce qui est amusant avec ce film est qu'il a beau être le second James Bond, il est pourtant celui des « première fois » sur pas mal de plan. Première organisation qui jure sa mort, premiers gadgets, première femme méchante, premier allié de poids, premier long combat avec une difficulté pour 007, première apparition de Blofeld, première James Bond Girl un minimum utile. Je me permet de faire mention de cela dès maintenant, car oui si Ursula Andress n'apportait qu'une touche sexy, Daniela Bianchi dans son rôle de Tatiana Romanova aidera bien Bond en tuant la dangereuse Rosa Klebb. Seul intérêt véritable du film, vu la performance de l'espionne russe durant les 110 minutes on peut se dire que c'est tout à fait normal que le bloc soviétique est fini par s'effondrer. Notons également que sur ce passage, le personnage de Rosa Klebb est très étonnant, N°3 de l'organisation SPECTRE, elle vient pourtant tuer James Bond en personne à la toute fin du film, étrange et assez inexplicable si ce n'est que la fin semble baclée, les 10 dernières minutes auraient pu durer 30 de plus afin d'être cohérentes mais la longueur semblait limitée.

Le SPECTRE apparaît ici pour la première fois bien que l'organisation criminelle ait déjà été mentionnée dans Docteur No. D'ailleurs de brillantes référence à ce premier Bond sont ici placé, le personnage de Sylvia Trench qu'on revoit (et qui malheureusement ne réapparaîtra plus), le fait que Bond ait une cicatrice qui vienne de sa précédente aventure et également l'envie que le SPECTRE ait envie de venger le défunt Dr. No. Le SPECTRE donne un coté inquiétant au film, cet aspect de supra-organisme du crime est très intéressant et bien que non totalement exploité dans ce film, cela promet de belles suites. On se dit qu'une pierre de plus a été mis à l'édifice des James Bond. Ne serais-ce que l'apparition de Blofeld avec son désormais célèbre chat blanc, devenu un classique des films d'agents secrets. Mon grand regret est que le film nous parle de deux méchants du SPECTRE : N°3 et N°5 et finalement c'est la première qu'on voit le plus alors que le profil du second me semblait plus intéressant, champion d'échec froid et calculateur, j'aurais aimé voir ce personnage au centre d'un film. Quelque part, l'interprétation récente de Mads Mikkelsen dans le rôle du Chiffre dans Casino Royale laisse supposer que cet aspect à été traité assez récemment, car si le Chiffre fait parti du SPECTRE dans les romans de Ian Flemming, l'organisation Quantum du reboot des James Bond semble être le penchant contemporain de cet organisme.

Les gadgets voient ici leurs apparitions, bien que discrets nous avons surtout le droit à la malette magique, qui contient de l'argent, un système d'ouverture secret sans quoi du gaz lacrymogène nous explose au visage et en prime un couteau intégré. Nombre de gadget qui sauveront la vie de 007. Surtout dans son combat contre Donald Grant (si avec un nom pareille on ne sent pas l'agent secret). Ce combat m'a beaucoup plus, c'est le premier long et difficile affrontement pour Bond, on sent qu'il est tombé sur plus fort de lui en théorie mais que son entraînement particulier et son expérience, ainsi que sa chance il faut l'avouer vont lui permettre de défaire. Bond, le demi-dieu, a donc des adversaires à sa mesure.

Notons également que Bond trouve un allié de taille dans le personnage de Kerim Bey, personnage plaisant et amusant, fidèle et utile, il se liera vraiment d'amitié avec Bond jusqu'à son décès. On peut le rapprocher du personnage de Quarell, le jamaïcain du premier film, qui cependant semblait être moins doué malgré le même sort funeste. Bey a du répondant et ajoute une vraie touche au film, malgré son cancer, Pedro Armendáriz nous a rendu ce personnage vraiment sympathique et à mes yeux le film perd de sa superbe dès la mort de Bey. D'ici à dire qu'il a presque volé la vedette à Connery, il n'y a qu'un pas (de géant) mais une chose est sur, il est plus intéressant que Tatiana Romanova.

Malgré ses premières fois, pas mal d'éléments du précédent film reviennent. Ainsi M et miss Monneypenny sont encore présent et leurs rapports avec Bond sont les même que dans l'histoire du Dr No. James a encore la classe et il fait tomber les filles comme des mouches. Il part à l'étranger, mais au lieu d'allé en Jamaïque c'est à Istambul qu'il se ballade (avant de venir à Venise après avoir saluer l'efficacité des transports ferrée européens). On avance encore dans l'histoire comme une enquête policière malgré une présence renforcé de l'aspect « agent secret ». cela tient beaucoup à l'organisme du SPECTRE qui de manière amusante rappelle celle du Docteur No alors qu'il est plus que vraisemblable que les hommes de mains de No faisaient en réalité partis du SPECTRE.
Un aspect intéressant est le développement de l'intrigue qui commence pendant longtemps sans Bond, presque 20 minutes sans que nous voyons notre bel agent. Et cela ajoute une énorme tension pendant le film, nous savons qu'un gigantesque complot est en place et nous comprenons que petit à petit, 007 plonge dedans. Après ce passage là, nous avons le cœur du film : Bond et Bey à Istambul, passage passionnant qui se finis non quand ils quittent la ville avec Romanova mais plutôt quand Bey se fait assassiner. Commence la séquence de combat contre le SPECTRE à visage dévoilé qui dure alors jusqu'à la fin du film, passage le moins passionnant si il en est.
Autre point à remarquer, c'est que James Bond est clairement plus macho dans ce film là que dans le précédent, si il était évoqué son mépris certain pour les femmes dans le premier volet de ses aventures, cela nous laisser supposer que c'était plus une forme de dédains pour celles qui « ne sont pas du métier ». Or là, avec Tatiana Romanova, pourtant agent de l'URSS. il se montre vraiment odieux, dominateur et elle, se laisse faire, car dans l'esprit de l'époque l'idée même que la femme rivalise avec Bond semble irréel … On peut, comme moi, penser que la période historique n'est pas toujours une excuse et que depuis des années déjà les femmes avaient des rôles de poids dans les films. Cet aspect me déplaît fortement car cela génère des personnages inexploités et pourtant jouissant d'une présence à l'écran très forte.
Le niveau technique a évolué, à part deux ou trois scènes où les effets spéciaux font encore mal aux yeux, le reste est plutôt bien, le travail sur l'image pas trop mal, les décors assez grandiloquents et la bande son moins stridente et stéréotypée que dans le film précédent. Malgré encore quelques faiblesses, la technique est plutôt bonne et respire certes le Vintage mais souvent par ces bons aspects (et parfois par ces mauvais, il faut le dire).


Ce second volet, sorti rapidement après le succès de Docteur No réussie le parie, en un temps limité, d'étoffer la mythologie et l'univers de l'agent 007. On lui donne aussi non pas un adversaire, mais une organisation, permettant d'avoir le charisme qui manquait finalement à No. Si l'ambiance huit-clos est abandonné au profil d'un sentiment de foule, l'aspect détective est toujours présent, pourtant sans être affaibli par la présence du coté « agent secret », très renforcé dans ce film. A ce moment là de la saga, on se dit « ils ont de bonnes cartes en main, voyons comment ça va évolué ». Pourtant, au connaisseur, le générique de fin donne déjà un indice de la qualité future en indiquant que le prochain James Bond s'appellera Goldfinger.
mavhoc
7
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Créée

le 14 janv. 2013

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