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le 28 sept. 2016
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Boogie Nights est le film de l’envol pour Paul Thomas Anderson : passée la case du premier film, petite copie proprette, il est désormais temps d’affirmer sa singularité. Il est intéressant de voir...
C'est par la virtuosité d'un plan séquence Scorsesien que Paul Thomas Anderson (que nous appellerons PTA dans cette review pour des raisons évidentes) nous plonge dans son deuxième long métrage.
Rythmée par la fine fleur du disco des late 70s, la scène d'ouverture nous offre une navigation au sein de la boîte Boogie Nights, qui donnant son nom au film, dresse également le portrait rapide, au gré d'un pas de danse, d'un regard ou d'une fumée de cigarette, d'un florilège de personnages, concept que l'on sait très cher au coeur du réalisateur car même si nous sommes introduits au récit par le personnage d'Eddie Adams, interprété par un jeune Mark Wahlberg, c'est de tout un groupe entier dont il s'agit réellement.
Mettant en scène les divers projets et la montée en renommée d'une équipe de production de films pornographiques, PTA va, au milieu de cet univers haut en couleur, entreprendre ce qu'il sait faire de mieux, développer des personnalités complexes. Bien que le dynamisme global de la mise en scène , les couleurs vives et l'esthétique folle des 70s/80s vendent du rêve, tout cet écosystème très tappe à l'oeil semble néanmoins être le refuge de plusieurs âmes fêlés. Problèmes liés à la parentalité, conflits familiaux, difficulté à mener à bien ses projets personnels, homosexualité plus ou moins refoulée, difficulté à continuer les études, désir de faire vivre, via le porno, le cinéma et l'expérience en salle qui commence à être devancé par les VHS en plein essor...
Mais quand les lignes de cocaïnes sont épuisées et les bars à cocktails vidés, les problématiques ressortent, d'autant plus fortes et d'autant plus pénibles pour nos protagonistes. Et ce qui est intéressant, c'est que le monde du film pour adultes, qui n'est d'ailleurs absolument pas traitée de manière tabou par PTA, qui formait un refuge pour tous ces individus se retourne d'un coup contre chacun dans un troisième acte d'une décadence virulente. Mais tous ces échecs, pertes et passages à tabac nous prouvent deux choses : la première est que le refoulement volontaire n'est pas une solution si brillante, et la deuxième est que la considération extrêmement négative adressée aux membres des productions de films pornographiques relève d'une hypocrisie sans nom de la part des institutions (mais je ne développerai pas ce point car trop peu spécialiste à son sujet).
Enfin, malgré deux séquences, à la fin du film, qui entachent légèrement la globale subtilité scénaristique de ce dernier à coup de braquage, de violence absurde (mais tout de même jouissive) et d'éclaboussure sanglantes presques tarantinesques, il ne fait aucun doute que ce projet marque l'entrée de PTA dans la cour des grands réalisateurs.
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il y a 3 jours
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