Strange Days version neurone
Douglass Trumbull, le roi de la prise de vue, qui s'attaque à un sujet déroutant et incongru, ça ne se refuse pas.
On croit d'abord assister à une des plus grandes injustice du box office. Le film avance sereinement et orchestre savamment sa lente progression vers la pure sf, celle qui entraîne ses personnages dans les méandres de leurs découvertes. On devient aussi passionnés qu'eux, avides de découvertes et de nouvelles expériences.
Une ambiance proche du documentaire luxueux, des choix de narration forts (4/3 vs Super Panavision+ Omnivsion, réel vs bande qui peu à peu déteint sur la réalité)... Et là encore le film passe la vitesse au-dessus avec une incroyable scène de Louise Fletcher qui fout définitivement le bronx. Royal.
il faut aussi savoir que Trumbull cherchait à tout prix à filmer tout le métrage en Showscan, du 70mm en 60images par secondes. Il en a longtemps été question mais le procédé, beaucoup trop cher pour pouvoir être exploité, et malgré des retours enthousiastes (on imagine sans mal!!) fût abandonné. En cela, le film est forcément une analogie du travail de Trumbull, motiver des investisseurs pour financer une nouvelle technologie de l'image et ainsi éveiller de nouvelles sensations chez le spectateur.
C'est malheureusement à cet instant que le scénario de ne tient pas toutes ses promesses. Difficile de savoir à quel point la mort prématurée de Nathalie Wood à pu handicaper le film (les studio voulaient arrêter la production pour récupérer l'assurance, Trumbull s'y opposa, condamnant ainsi sa carrière), mais j'ai trouvé un dernier tiers saugrenu, qui basculait dans le techno/polar sans prévenir, et surtout sans crédibilité. On bascule presque dans le burlesque. Au final, le choix thématique n'est pas fait (que montre cette bande, quelle révélation va vivre le personnage, était-ce à faire,...)et la conclusion est loin d'être aussi franche et aussi forte que ce qu'on aurait pu espérer en regard de la première moitié.
Quel dommage car ce film datant de 1983 attaquait déjà l'ultime barrière, ce que Strange Days n'a jamais osé faire.
J'ai tout de même passé un moment assez ahurissant de par la folie du projet. A voir.