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Le romantisme à l'état pur
J'ai revu "Braveheart" récemment ; Je l'avais vu il y a très longtemps quand j'étais petite sans en retenir grand chose, mis à part l'impression que c'était un super film et quelques scènes...
le 1 août 2011
Revu pour la énième fois. Je me souviens de la fois où je l'ai découvert à 15 ans. Je l'avais pris en cours lors d'une diffusion TV et j'avais été complètement happé dans le récit.
Lorsque l'on replace ce film dans son contexte, on peut largement envisager le fait qu'il a relancé le film historique après une période où les films d'action ont occupé l'espace. On peut même se demander si il y aurait eu Gladiator sans Braveheart, lequel a repris certains éléments scénaristiques comme le héros meurtri qui se lance dans un combat disproportionné en flirtant sans cesse avec la mort.
Mel Gibson va ici mettre en scène un scénario très riche de Randall Wallace. Il convient ici de faire mention des erreurs historiques puis que c'est souvent le reproche qui est fait à ce film, comme si tous les autres films historiques respectaient scrupuleusement l'Histoire à la façon de documentaire ; ce qui est faux. La personnalité clivante de Gibson est certainement à l'origine de ce manque de subjectivité. En effet, ici l'Histoire sert de trame à des messages plus universels comme l'amour, la perte, l'honneur, l'idéalisme et bien sûr la liberté. Les "erreurs" historiques servent surtout à rendre le tout cinématographique. Il est vrai que certains aspects peuvent paraître lourds, comme le droit de cuissage ou le coté répugnant de certains Anglais, mais ils font ressentir en définitive un sentiment d'injustice chez le spectateur, et de ce fait de l'empathie pour les héros qui sont parés de toutes les vertus.
William Wallace est d'ailleurs presqu'une figure sainte voire christique. C'est au départ un pacifiste emporté malgré lui dans le tourbillon de l'Histoire pour y jouer un rôle prépondérant. C'est un cœur pur qui n'accepte pas le compromis. On ressent d'ailleurs la défiance de Gibson envers le langage politique dont Wallace s'affranchit totalement. Son personnage va droit au but contrairement aux nobles politisés qui veulent sauvegarder leurs avantages. On pourrait presqu'y voir une critique de ce qui préfigure la parlementarisme. Ce comportement n’empêche pas Wallace d’être un érudit qui parle le latin et qui est capable de prouesses stratégiques. Par ailleurs, William Wallace n'est pas seulement un guerrier, c'est aussi un archétypique du héros idéaliste et romantique mué par une souffrance d'un amour qu'on lui a arraché ; souffrance qu'il met au service de sa quête de liberté et d’indépendance pour l’Écosse.
La mise en scène est absolument somptueuse, aidée en cela par la photographie de John Toll. La maturité de Mel Gibson pour une deuxième réalisation (et sa première d'envergure), en véhiculant une telle puissance émotionnelle est en tout point remarquable. La maîtrise du rythme pour un film de 3 heures est aussi à souligner. Le moment de bascule survient au bout de 45 minutes sans que l'on ait vu le temps passer, ce qui permet de poser solidement les bases de cette chronique. Et qu'il s'agisse des scènes de batailles et des moments intimistes comme le mariage clandestin dans les sous-bois, chaque plan semble esthétiquement étudié. Tout ceci est aussi sublimé par une musique inoubliable aux tonalités celtiques de James Horner qui est ici un outil scénaristique de premier ordre, à la manière des coopérations entre Sergio Leone et Ennio Morricone.
Le reste du casting est également très bon dont deux beaux rôles féminins, avec Murron joué par Catherine McCormack et Isabelle de France joué par Sophie Marceau. Ce ne sont pas des femmes guerrières qui singent les hommes comme on a l'habitude de les rencontrer dans les productions actuelles, mais elles n'en demeurent pas moins des personnages très forts comme le souligne Wallace dans le film. Par exemple, Isabelle qui est cernée de toutes parts par un mariage forcé, parvient à tiré son épingle du jeu tant bien que mal.
Murron symbolise une figure d'innocence. Son exécution où elle cherche désespérément du regard le retour de Wallace pour la sauver est bouleversant. Le fait qu'elle meurt dans cette attente renforce la souffrance communicative du héros, à travers un légitime sentiment de culpabilité.
Les seconds rôles de Brendan Gleeson, James Cosmo, David O'hara ou encore Tommy Flanagan sont assez bien élaborés et restent en mémoire. Patrick McGoohan est mémorable en Roi Edouard cruel et calculateur. Il est sans nuance mais parvient à le faire passer. Robert le Bruce est le personnage le plus ambigu. Son cœur le porte vers Wallace mais sa raison et son ambition l'incline à faire des choix déloyaux et politiciens. Angus Macfyaden interprète parfaitement ce personnage torturé et perdu entre ces deux mondes.
Braveheart, malgré son coté clivant et souvent sans nuance, va selon moi plus loin que la simple chronique historique. C'est une ode à la liberté d'une grande puissance romantique mais aussi spirituelle.
Ainsi, au final Braveheart ne s’arrête pas avec la mort physique de William Wallace, puisque ce dernier continue de vivre à travers son idéal, repris à son compte par Robert le Bruce, enfin converti à sa cause. Le père de Murron est également de retour sur le champ de bataille, ce qui est loin d’être anecdotique. Une figure christique jusqu'au bout.
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le 14 juil. 2025
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