Terry Gilliam nous sert un cocktail particulier, touchant toutes les générations, mais qui cependant n’affecte pas tous les cœurs. En effet, cette distinction est essentiellement due à la manière dont le film a été tourné. Il serait fort judicieux d’éclaircir la zone d’ombre entourant le déluge de ce dernier.


On constate une présentation originale d’une ville bureaucratique par la législation et l’autorité d’un Big Brother tout à fait malveillant. S’instaure alors un système sauvagement maîtrisé, au gré d’une population se vidant de sa liberté et de ses espoirs. Ajoutons également les inégalités de classe sociale, il s’agit d’un renversement exemplaire.


Gilliam a choisi de construire une vie significative, celle du héros, afin de percer un sens moral suivant ses choix. Il s’avère que ce que l’on attendrait ne nous parvienne pas de la manière dont on le souhaiterait… D’où l’échange et le mélange parfumés de genres et d’émotions parfaitement assaisonnés. On ne laisse que le poids au spectateur, celui du jugement. Un fardeau déconcertant qui reste malgré tout nécessaire à l’objectif de l’œuvre. Il suffira de lui ôter toute liberté, à l’exception du rêve. La plus grande toute, à la fois effroyable et sympathique.


Tout cela pour remettre en question la place de la machine, ainsi que notre humanité dans un avenir « proche ». Bien que ce ne soit qu’approximatif, le fait de se projeter dans un temps antérieur ou à venir, permettra alors de discuter la volonté humaine face à ses bêtises historiques.

Cinememories
9
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Les meilleurs films d'anticipation et Les meilleurs films de 1985

Créée

le 12 juin 2017

Critique lue 654 fois

Cinememories

Écrit par

Critique lue 654 fois

2

D'autres avis sur Brazil

Brazil

Brazil

8

Sergent_Pepper

le 21 sept. 2014

Suivre

Rétro, boulot, barjots

Brazil est saturé d’écrans : de surveillance, de divertissement jusque dans la baignoire, ou illicites dans les bureaux. Brazil sature l’écran, et l’affirme avec force dès son prologue qui voit une...

Brazil

Brazil

9

ABourdesien

le 20 mars 2013

Suivre

Welcome en dystopie

Brazil, film de l’ancien Monty Python Terry Gilliam (Las Vegas Parano ou encore l’armée des 12 singes), réalisé en 1985 son premier grand film (et même le plus grand de sa carrière ?), relate...

Brazil

Brazil

9

Torpenn

le 22 févr. 2011

Suivre

Un Kafka de force majeure

Je ne me souviens plus combien de fois j'ai pu voir Brazil dans ma vie, je sais juste que là ça faisait bien sept, huit années de jachère et que c'est bien pratique pour avoir l'impression de...

Du même critique

Comment devenir riche (grâce à sa grand-mère)

Comment devenir riche (grâce à sa grand-mère)

8

Cinememories

le 14 avr. 2025

Suivre

Ce qu’on donne, ce qu’on reçoit, ce qu’on transmet

"L’argent et l’amour font certainement partie des piliers fondamentaux dans les relations familiales thaïlandaises. Pat Boonnitipat prend un malin plaisir à disserter sur sa culture dans son premier...

Buzz l'Éclair

Buzz l'Éclair

3

Cinememories

le 19 juin 2022

Suivre

Vers l’ennui et pas plus loin

Un ranger de l’espace montre le bout de ses ailes et ce n’est pourtant pas un jouet. Ce sera d’ailleurs le premier message en ouverture, comme pour éviter toute confusion chez le spectateur,...

Ouistreham

Ouistreham

6

Cinememories

le 18 janv. 2022

Suivre

Nomadland à quai

Il était très surprenant de découvrir Emmanuel Carrère à l’affiche d’un nouveau long et à l’ouverture de la Quinzaine des Réalisateurs, sachant la division du public sur « La Moustache » et malgré...