Assurément il s'agit d'un des meilleurs films de Terry Gilliam. Celui-ci nous transporte dans une dystopie très palpable. Imaginez alors un monde à la Blade Runner couplé aux thématiques de 1984 de Georges Orwell. Il y avait un aperçu de ce monde bureaucratique au tout début du Sens de la Vie des Monty Python (1983).
Gilliam déploit dans Brazil ses scènes oniriques à grand renforts d'effets spéciaux dont lui seul à la secret (surtout les maquettes et autres modèles réduits). L'esthétique générale du long métrage est rempli de symbolisme et d'expressionnisme (formes des décors, situations des personnages). Par ailleurs Gilliam a eu l'intelligence de tourner dans des environnements rendant incroyablement bien à l'image (les Espaces d'Abraxas à Noisy-le-Grand, une tour aéroréfrigérante pour la salle de torture). Les séquences de rêve du héros son aussi super belles. La bande originale de Micheal Kamen (avec la participation de Kate Bush) grâce notamment aux élégantes variations de la chanson Aquarela Do Brasil de Ary Barroso est magnifique.
Sam Lowry est sans doute le meilleur rôle de Jonhatan Pryce. Kim Greist (Jill Layton) est très convaincante. Les images promotionnelles mettent souvent en avant Katherine Helmond (Ida Lowry), préfigurant les dérives de la chirurgie esthétique, et de Jim Broadbent (Dr Jaffe). On identifie très bien Ian Holm (ayant déjà joué pour Gilliam dans Bandits, bandits), Micheal Palin (partenaire de la troupe des Monty Python) et Bob Hoskins excellents chacun à leur manière.
Brazil est une des dystopies les plus abouties du cinéma. Influencée par ses références aux arts elle demeure une des œuvres les plus riches de Terry Gilliam.