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Voilà donc un film qui va jusqu'au bout de son sujet et ne prend pas de pince pour y arriver.

Au vu de certains critiques (ici et ailleurs), Brimstone (j'aurais préféré le titre "The Reverend", tant tout tourne autour de lui) est too much, car les images nous montrent des choses abominablement...humaines.
Mais le tout sans aucun pathos ni flonflons.

Alors pour une des rares fois qu'un long métrage va jusqu'aux confins de ses idées, voilà des gens qui s'indignent !

Pourtant ce film traite de plusieurs sujets sensibles :



  • la condition de la gent féminine (objet de désirs devant subir les "récréations" de messieurs les mineurs qui travaillent dur, donc leurs actions sont légitimes aux yeux et de la loi et des préceptes d'un système patriarcal. Si une femme se défend, elle est punie purement et simplement) et comme le dit si bien le Révérend "la femme n'a aucune autorité sur son corps", ce qui en dit long sur cette horrible période...



,



  • le fanatisme religieux des prêches du Révérend, excusant ce genre de comportement (toujours d'actualité de nos jours, pour les plus aveugles)



,



  • la relation éminemment malsaine entre un homme et sa jeune fille (qui deviendra femme)



.

Le fameux Révérend (et ses pulsions sadico-perverses religieuses) est décrit par certains critiques, comme un "méchant-méchant" unidimensionnel


.

Pourtant -

malgré ses agissements horribles au-delà de tout



  • celui-ci est un personnage qui a sa propre logique

    et qui ni ne gesticule comme un fou caricatural, ni se la joue style antagoniste iconique.



C'est un homme -

à la lisière du fantastique car il semble mourir dans le bordel où il a retrouvé sa fille, mais réapparait bien plus tard et bien vivant



  • qui vit dans son univers tout en professant ses dogmes à une population facilement manipulable.


Le Révérend est un monstre...totalement humain.


A ce titre, Guy Pearce est détestable à souhait car représentant le côté sombre de l'Homme.
Je salue d'ailleurs son courage de jouer un personnage aussi difficile


et haïssable


.
Pour autant, son jeu reste vraiment très sobre, tout en retenue.

La protagoniste principale est Johanna, dont le film nous déroulera sa vie chaotique,

en remontant le temps via trois chapitres


.
L'existence de cette jeune femme -

au parcours franchement terrifiant



  • nous est décrit avec pudeur et nous livre un personnage féminin qui surmonte tous les obstacles en sachant rester forte, malgré toutes les épreuves traversées.


Instinct de survie, me direz-vous?
Non, volonté de rester maitresse de sa destinée quoi qu'il en coûte.
Après avoir vu ce que sa mère subissait sans broncher (


l'homme dispose de la femme de la manière qu'il veut, ainsi dit la loi patriarcale comme dit plus haut


), elle se jure qu'elle ne prendra pas un chemin identique -

même si elle devra passer par là durant une période



  • puis ce sera un farouche combat pour que sa propre fille puisse avoir une vie au-delà de ces limites.


Dakota Fanning interprète donc excellemment (et sans excès) le rôle

tragique et complexe


de Johanna.

Il y a donc des scènes très perturbantes, mais sans voyeurisme aucun.
Je veux dire par là que je ne les ai pas ressenties comme une volonté délibérée du réalisateur de choquer l'audience, mais juste d'aller au bout de ses idées.
Aussi noires soient-elles.

Brimstone est un film qui ose creuser son sujet en profondeur et c'est peut-être là que ça coince pour beaucoup.
Il ne caresse pas le spectateur dans le sens du poil, il expose simplement son histoire.

Martin Koolhoven s'est donc donné à fond pour livrer un film complexe, mais brillant.
J'ai lu ici et là que ce long métrage n'avait aucune profondeur, était provocateur ou même ne menait qu'au néant...

Chacun est libre de donner son avis, mais je trouve ce genre de propos hors-sujet, car Brimstone n'est par ailleurs, qu'un drame intimiste ciselé avec soin, brossant des personnages en proie aux affres de ce qui fait l'Humanité soit: des gens courageux, des esprits faibles, des profiteurs ou des êtres mentalement dérangés.

Pour finir, Brimstone parle de nous.
Les Humains.
Des bons et des mauvais, mais dans un large spectre couvrant des multitudes de comportements.

PS:

La dernière image du film est très intrigante: est-ce l'esprit de Johanna que ressent sa fille...ou alors serait-ce le Révérend qui reviendrait pour punir la dite fille..?

Franck_Plissken
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