Adaptation d’un roman japonais de Keigo Higashino, une quête de justice pour un père (Jeong Jae-yeong). brisé par la mort brutale de sa fille.
Le réalisateur Lee Jeong-ho, pointe le système judiciaire et son incapacité face aux procédures. La psychologie, est suffisamment bien traitée pour nous plonger dans les affres de ce père, entre moments de doutes et scènes de violence salvatrices. - La scène où le père trouvera, verra et comprendra par une vidéo trouvé chez un des agresseurs, la destinée de sa fille, est d'une violence psychologique parfaitement dosée. On rejoint l'ambiance latente du film : l'horreur et l'impuissance. Un moment d'émotion forte et de grand malaise.
Reste un thème sur la vengeance, cher aux coréens amenant celui peu traité dans ce cinéma. La prostitution de jeunes filles d'un côté pour rappeler à la jeunesse perdue, et de jeunes hommes en quête de sensation fortes qui filment leurs exploits à la manière des snuff movies, appuyant sur les dérives de cette jeunesse. Des parents dépassés, (une scène au commissariat qui affronte les deux points de vues, parents des meurtriers et des victimes pour nous interroger).
Malgré des jeux d'acteurs principaux assez justes, un léger manque de vraie tension, de rythme et de personnages marquants. De grandes facilités dans la caractérisation des personnages, des dialogues moraux et d'excès de jeu.
Pourtant la scène d'introduction, dans une forêt enneigée, où les plans subliment les décors, nous laissait présager à une sorte de survival mais ce décor épuré ne se retrouvera qu'à son final et boucle la boucle. L'entre-deux ne sera qu'une suite de croisements pour suivre le père dans son enquête et son acharnement, les services de police, qui ici sont montrés comme investis (Le policier en charge de l'enquête qui devra faire un choix à tendance à romancer l'ensemble) et les meurtriers.
L'impuissance est le point fort, et cette incapacité des autorités à prendre soin des victimes et les peines infligés aux mineurs pourtant meurtriers. Cette dérive de toute une société qui ne sait plus comment se sortir de ses abbérations. Sous couvert de vengeance, le metteur en scène pointe encore une fois la société coréenne.
Assez sombre, lent, il répond aux codes du genre et nous offre une intrigue classique. La mise en scène, la photographie et les plans maîtrisés permettent au film de rester prenant.
Le père finira par se révèler tout autant monstrueux mais le final, par une prise de conscience du mal rate sa ligne jusqu'au-boutiste. C'est toujours cette manière d'édulcorer pour nous rappeler à nos bons comportements en validant les mauvais, qui dérange ici.
Chacun peut s'interroger mais d'allleurs tant que nous ne vivons pas l'horreur, il parait bien difficile de se positionner.