Nicolas Winding Refn, et sa fascination pour la violence, se devait de traiter l'un de ses emblèmes Outre-Manche : le prisonnier Michael Peterson, alias Charles Bronson - en référence à l'acteur du même nom...


Sa vie, son oeuvre, de non-chanteur et "d'acteur à chier" (ce sont ses mots) cherchant à tout prix la célébrité - ce qu'il réussira grâce à ce biopic -, sont ici mises en scène sous la forme d'un one-man-show entrecoupant avec rythme son parcours carcéral, depuis une enfance assez classique mais déjà violente. Sept ans de prison après un casse à l'âge de 19 ans. Une mère le soutenant mordicus. Assez rapidement, l'indiscipliné détenu deviendra la vedette de son nouveau terrain d'entraînement, comme il aime à l'appeler : celui du détenu le plus violent de toute l'Angleterre. Une violence telle qu'on l'enfermera à l'asile et le shootera jusqu'à en faire une loque humaine.


Et c'est à partir de là que le réalisateur viendra nous y apposer sa petite patte que j'aime tant, en nous balançant une séquence de boum esthétisée en HP, à la zic disco des plus tripantes, avant de nous cueillir peu après avec le Your Silent Face de New Order. Une BO de premier ordre, donc...
Charlie sortira bien quelques mois de son "home fierce home", mais à part "pisser sur un gitan dans le trou du cul du monde" et se trimballer une meuf qui s'en branle de lui, autant y retourner en voulant lui passer la bague au doigt !


Charlie continuera ses étranges méthodes de prises d'otage, mais commencera aussi à s'affirmer en tant qu'artiste ; à exprimer "la part en lui qui n'est pas enfermée"... Ou l'art comme exutoire et canalisateur de la violence. Mais c'est peut-être un peu tard pour Charlie. A poil, on découvrira même que Tom Hardy - aussi méconnaissable qu'extraordinaire dans ce rôle - assume tout jusqu'à son pas très gros zizi ! Bon, après, c'est vrai qu'il fait parfois très froid en Grande-Bretagne ! ^^


Bronson se mate donc très bien, en partie grâce au style de Nicolas Winding Refn, que j'affectionne particulièrement. Ceci dit, il n'y a franchement rien d'extraordinaire sur le fond, en dehors de l'intrigant rapport à l'art du personnage principal. Je trouve même que finalement, sa personnalité n'est peut-être pas assez développée, comme s'il manquait des éléments à sa compréhension.


Un film violent, plein de qualités, mais pas non plus un film coup de poing...


7,5/10

RimbaudWarrior
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le 8 juin 2016

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