Brother (2021) est le portrait intime de "Brother François", ce français ex-ingénieur et passionné d’art, à quitté la France, ses proches et sa langue maternelle pour aller vivre aux États-Unis en rejoignant la communauté des Frères Franciscains du Renouveau (aussi connu sous le nom des "Franciscains du Bronx") à Newark, dans le New Jersey.
Pendant 80 minutes, le réalisateur dresse le portrait de cet homme qui a tout plaqué pour se consacrer aux autres, qui a choisi de vivre pauvre et détaché de tout bien matériel, auprès des plus démunis. On le retrouve dans le ghetto de Newark, auprès d’une communauté de laissés-pour-compte, d’anciens criminels ou héroïnomanes.
Que l’on ne s’y trompe pas, ce film étant produit et distribué par Saje, boîte spécialisée dans les oeuvres d’inspiration chrétienne, à qui l’on doit entre autres le film de propagande Vaincre ou mourir (2023) ou le conspirationniste Sound of Freedom (2023), il ne fallait pas s’attendre à autre chose qu’un documentaire très orienté sur la foi et la religion. Le portrait qui est fait de Brother François est inattaquable, donc loin de moi l’idée de mettre en doute ses intentions (il a toujours aimé les pauvres et se consacre pleinement pour leur cause).
Ce qui est intéressant ici, c’est de mettre en lumière un personnage qui détonne, ce centralien qui a tout plaqué pour vivre avec les plus démunis, bien évidemment que c’est honorable de sa part. Mais se focaliser uniquement sur le bon côté des choses, sans jamais relever la moindre zone d’ombre, on est en droit de se demander jusqu’à quel point ce film est légitime.
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