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le 11 sept. 2026
SuivreDéroutant et original
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Bienvenue dans le monde enchanté de Buddy ! Tout le monde y est perpétuellement heureux et les enfants souriants, prêts à entendre les conseils indispensables prodigués par cette licorne orange en peluche géante sur les aléas de la vie qu'ils peuvent découvrir au quotidien. Dans cet univers minimaliste et coloré de décors en carton-pâte, chaque petit tracas rencontré (et cœur d'un épisode) se transforme en effet en une inévitable leçon de morale convenue où les enfants, Betty la lapine, les objets dotés de paroles et quelques silhouettes adultes simplistes (le facteur, l'infirmière) se réunissent pour chanter à la gloire de l'amour et des mots bienfaiteurs apportés par Buddy.
De quoi mettre un flot d'étoiles féeriques plein les yeux à toutes les petites têtes blondes... si Buddy ne témoignait pas d'un comportement de plus en plus étrange au fil des épisodes, créant même la suspicion chez les jeunes héros de ses aventures lorsqu'un des leurs disparaît mystérieusement après avoir refusé de se prêter au jeu des conseils joyeux de la licorne. Encore plus quand le livre préféré de ce dernier est retrouvé sali d'étranges tâches rouges au fond de la poubelle chantante des lieux...
Ô joie, un film de genre à concept absolument génial, délirant et qui, surtout va prendre un malin plaisir à l'exploiter à fond dans le climat malsain grandissant qui l'entoure ! Décalque direct de l'emission US "Barney & Friends" (et, plus proche de nous, ne pouvant que raviver les souvenirs des plus anciens, de "L'Île aux Enfants" avec notre Casimir national), la première partie de "Buddy" dévoile d'emblée un pari narratif audacieux: nous faire vraiment vivre une espèce de semi-saison de cette émission archétypale, comme une réalité bien à elle, où son format, son montage, ses figures et les plans qui lui sont inhérents font partie intégrante du mode de vie dans lequel ses jeunes protagonistes évoluent sans s'en rendre compte. Mais, au fil des épisodes, quelque chose, en l'occurrence la vraie nature de Buddy lui-même, va venir enrayer cette mécanique TV de bonheur naïf par ses déviances à la fois incontrôlables, désormais impossibles à masquer et déclencheuses du réveil des enfants face au mode de fonctionnement factice de ce monde où tout est en fait laissé à la merci de sa dangereuse licorne principale.
La montée en puissance des évènements qui les pousse peu à peu à fuir Buddy "leur meilleur ami" est déjà un coup de génie en soi, propageant une ambiance pesante d'une originalité exceptionnelle via le détournement des clichés de cet environnement mièvre envahi par l'obscurité des vices malheureusement si adultes de Buddy, mais le film de Casper Kelly ne s'en contente pas et, après avoir acté le besoin d'émancipation des enfants de ce qui est bel et bien devenu un monstre (tout en gardant ses caractéristiques de gentille licorne), coupe même l'herbe sucrée sous le pied du spectateur en le propulsant soudainement dans les yeux d'un autre point de vue, cette fois bien ancrée dans notre terne réalité : celui d'une mère de famille (Cristin Millioti, décidément toujours dans des projets à part) prise d'intenses crises d'angoisse à propos d'un vide qu'elle ressent au sein de sa famille.
On s'arrêtera là sur ce que réserve la suite du film mais sachez que "Buddy" est un OFNI qui ne repose jamais sur ses acquis, poussant toujours plus loin les facettes perverses de sa licorne pour affirmer sa position autoritaire (on ne se remet toujours pas de la gêne provoquée par la séquence avec l'infirmière) grâce à un flot perpétuel d'idées inventives sur la manière d'imprégner sa folie croissante aux contours de son univers en papier mâché. Par sa mécanique de contradictions et les perspectives qui en découlent, le film façonne une mythologie toute aussi délirante qu'inédite sur à peine 1h30, que l'on ne voudrait jamais voir s'arrêter de s'élargir (on en viendrait même à réclamer une suite pour une fois, surtout au vu du dernier acte) sans se départir d'une belle éclaircie d'émotion intelligemment construite sur la durée par un trait d'union dans l'ombre sinistre et toujours plus imposante de sa licorne démente.
Sans conteste, la réussite d'un projet tel que "Buddy" vient empaler sa méchante corne dans le haut du panier des films de genre les plus dingues que l'on ait vus en 2026 ! Tous les câlins de notre part qu'il réclame sont amplement mérités.
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il y a 4 jours
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