Cinéphiles à la recherche d’originalité et de nouveauté, ce film est fait pour vous.
Attention toutefois au côté déstabilisant de ce found footage, en apparence, puisqu’il propose une expérience cinématographique unique en son genre, qui va au bout de son concept, quitte à perdre le spectateur en chemin.
BUFFET INFINITY est donc le premier long métrage du canadien Simon Glassman, et d’entrée de jeu on peut déjà l’affirmer, le parti prit de la narration risque d’en dérouter plus d’un.
Alors, pour tenter de résumer succinctement le pitch du film, c’est un found footage télévisuel, qui présente à la base une publicité locale pour un nouveau restaurant à volonté, le "Buffet Infinity", son ouverture prochaine coïncide avec l’apparition d’une mystérieuse brèche dans le sol des environs, et des évènements inexplicables qui en découlent.
Pendant 1h30 donc, nous avons une succession de pubs et de flashs infos, où l’ambiance se délite à mesure que les événements prennent de l’ampleur, sans pour autant qu’on puisse lier les segments entre eux, ou donner du sens au récit.
Une narration pas vraiment conventionnelle, assez difficile d’accès et hermétique, clairement destinée à un public averti et friand de cinéma expérimental.
On retrouve de grandes similitudes avec les programmes courts proposés par la chaîne Adult Swim, pour les connaisseurs, imaginez une version rallongée de UNEDITED FOOTAGE OF A BEAR ou encore THIS HOUSE HAS PEOPLE IN IT. C’est très difficile de trouver ses repères, et les dialogues télévisuels sont assez fournis avec un débit de paroles soutenu, de quoi perdre le fil de l’histoire, ou manquer certains détails importants.
Pour une fois, une version française n’aurait pas été de refus pour pouvoir pleinement saisir toutes les subtilités scénaristiques.
Mis en scène à la façon d’un found footage, comme une vieille VHS retrouvée qu’on glisserait dans le magnétoscope sans savoir ce qu’elle contient, le film est une succession interminable de spots publicitaires et de bulletins d’information, coupés volontairement ou non, pour donner le moins de clés de compréhension possibles au spectateur.
BUFFET INFINITY est une capsule temporelle d’une époque où la communication passait avant tout par le petit écran, et le film se sert de ce point de vue pour distordre la réalité dans une dimension fantastique inquiétante, menaçante.
Imaginez un peu vous endormir devant la télé dans les années 80/90, et vous réveiller au beau milieu de la nuit, la gueule enbrumée, et vous tombez sur ces programmes télé tout public, mais qui cachent quelque-chose de malveillant, de malsain. Comme si vous étiez dans un cauchemar vaporeux à ne pouvoir décider de rien, et n’être que les témoins impuissants d’une lente perversion de la programmation télévisuelle.
Une sorte de réalité alternative ou rien n’a de sens, et où l’on ne sent en sécurité nulle part, en particulier devant son téléviseur, comme soumis à l’emprise une force invisible, non palpable.
BUFFET INFINITY est un found footage qui lorgne plutôt du côté de ce qu’on appelle l’Analog Horror, ce genre apparu sur youtube et décliné en petits court-métrages, mais cette fois-ci rallongé sur un format long.
La narration, segmentée en divers petits flashs, qui constituent un tout narrant une fable fantastique, est très difficile d’accès et avant tout destinée à piquer la curiosité des cinéphiles les plus aguerris.
Un film compliqué à assimiler, qui nécessite une implication totale du spectateur, sans pour autant chercher à lui trouver du sens. Comme quand on se réveille d’un cauchemar et qu'on ne se souvient plus trop des détails, c’est exactement ce genre de ressentiment qui prédomine à la fin du visionnage.
Ma note : 6/10
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