Lost Media
5.8
Lost Media

Série Canal+ (2026)

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LE CONTENU AUQUEL VOUS ALLEZ ÊTRE EXPOSÉ EST UNE FICTION. RIEN DE CELA NE PEUT VOUS NUIRE.

VOUS ÊTES EN SÉCURITÉ.


Nouvelle création Canal+, cette mini-série par les deux trublions Thimothée Hochet et Lucas Pastor, connus du grand public pour leur contribution à l’écriture, la réalisation et aussi à l’acting dans la série parodique LE MONDE A L’ENVERS sur Youtube, se concentre sur l'horreur, à travers 8 épisodes présentés comme des "lost media", tout aussi variés les uns que les autres.


Les deux jeunes cinéastes français n’en sont pas à leur coup d’essai dans la création fantastique, puisque c’est déjà à Thimothée Hochet qu’on devait l’excellente série d’horreur CALLS, que je vous conseille vivement de dévorer si ce n’est pas déjà fait, mais aussi le long-métrage STÉPHANE, dans lequel on retrouvait le second, Lucas Pastor, dans un rôle de dangereux déséquilibré, dans ce qui ressemblait à un found footage à la manière de C’EST ARRIVÉ PRÈS DE CHEZ VOUS, plus amateur et plus contemporain.

Si ce précédent film présentait de nombreux défauts inhérents à une première réalisation et à un amateurisme passable, le passage du format série au format film étant délicat et épineux, il respirait néanmoins la sincérité et l’amour de ses créateurs pour le genre du found footage, et on percevait déjà ma débrouillardise de ses créateurs.


Mais avant de parler de LOST MEDIA, revenons un peu en arrière avec la série CALLS.

Apparue en 2017 avec au total 3 saisons pour des épisodes d’une dizaine de minutes chacun, cette création originale de Canal+ mettait en scène des enregistrements sonores, sans aucune image, juste un fond avec des jeux de lumière et les lignes de dialogues.

Le contenu oscillait entre fantastique, horreur et thriller, reliant tous les épisodes par une thématique commune qui entretenait le mystère au fil des saisons. Une idée originale aussi impactante qu’immersive, à regarder (ou plutôt à écouter), seul dans le noir, un casque vissé sur les oreilles pour mieux s’imprégner de l’ambiance, et laisser parler notre imagination. Certains épisodes étant à eux seuls des masterclass de frisson et d’angoisse.

Même si le succès de cette série restait modéré, elle a quand même eu droit à un remake américain, qui a plus pompé le concept dans le but d'en faire du sensationnel, mais ça reste assez correct pour du remake US.


Presque 10 ans se sont donc écoulés entre la diffusion de CALLS, et celle que LOST MEDIA, qui reprend à peu près le même concept et le même format, mais cette fois avec plus de moyens, pour apporter une plus-value visuelle à ce qui avait été tenté uniquement via l’audio à l'époque.

Vous l’aurez donc compris, on reste ici dans le genre found footage, mais cette fois-ci avec des enregistrements vidéo, 8 au total, pour une durée d'une douzaine de minutes chacun, la mini-série se regarde donc assez facilement, d’une seule traite, pour rester totalement investit dans l’histoire qu’elle raconte.


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C'est ainsi qu’est annoncé le générique, après une intro où l’on suit une conversation téléphonique entre une femme et son père, et dont chaque épisode reprend la suite de la discussion là où elle s'était arrêtée, sorte de fil rouge de la série, qui permettra d’élucider tous les mystères à la fin du visionnage.

Ces intros qui reprennent le concept de CALLS, servent de liant entre chaque "lost media" présenté, qui sont tous différents, que ce soit pour le support utilisé (webcam, stream, vhs retrouvée,...) ou les personnages et les histoires qu’ils racontent.

Au programme donc de ces 8 chapitres, un trou noir qui apparaît en plein milieu d’un bulletin météo des années 80, un stream d’émission sportive qui part en vrille, un jeu télé voyeuriste et malsain, où encore, des évènements étranges captés par une vidéo-surveillance dans une maison.


Autant de petites histoires étranges et mystérieuses qui nous déstabilisent en faisant appel à nos peurs primales, si l'on prend la peine de s’impliquer à fond dans l’interprétation de l’horreur, pour saisir la métaphore qu’elle représente.

Car sans en dévoiler trop, au risque de spoiler tout le suspens de la série, les médias utilisés sont en réalité des illustrations de pathologies dont souffrent chaque personnage: trauma d’enfance, trouble dissociatif de la personnalité, dépendance, etc...

À ce propos, je vous conseille de regarder le making of de la série disponible lui aussi sur Canal+, très intéressant pour creuser d’avantage le sujet.

Il est sincèrement difficile de parler de LOST MEDIA sans révéler l’intrigue, c’est pourquoi je vous laisse d’abord la visionner, et après vous êtes libres de venir en débattre si ça vous dis, tellement il y a matière à développer.


J’apporterai toutefois une petite nuance à mon avis plus qu’enthousiaste sur cette série. Bien que l'équipe derrière cette œuvre soit bourrée de talents, c’est très malin on sent le côté touche-à-tout débrouillard, le fait qu'on ai déjà eu droit à CALLS il y a 10 ans, donne cette saveur de déjà vu, d’idée recyclée.

De plus, si l’on reste sur la comparaison entre elles deux séries, celle-ci est moins alambiquée et plus accessible à mon goût.

Les clés de compréhension sont données trop facilement par le biais des images et que ce qu’elles symbolisent.

On ne retrouve pas cette complexité qu’il y avait dans CALLS, où on devait se débrouiller seuls pour relier les protagonistes et les événements entre eux, selon les différents niveaux d’interpretation et les couches de lectures qui se superposaient. Celà apportait ce besoin de s’investir à fond dans la série quitte à revoir tous les épisodes dans des ordres différents de leur chronologie narrative.


Mais en conclusion, LOST MEDIA est un ovni sériel hautement recommandable qui vous surprendra autant qu’il vous fera avoir quelques sueurs froides.

Une anthologie de creepypasta très accessible, tant dans son format concis que dans les récits de maladies mentales qui y sont exposées. Cette mini-série ravira les amateurs d’ARG, en plus il y a un épisode avec Feldup, gage de qualité dans le domaine des lost media. Vous allez prendre votre pied, même si le contenu peut paraître au final assez léger, 8 épisodes c'est définitivement trop peu, espérons que d’autres saisons suivront, et allez de toute urgence jeter un œil aux trois saisons de CALLS, si ce n’est pas déjà fait.


Toutes mes critiques de film sont à retrouver sur ma page Facebook Terreur Indicible.

Créée

le 16 mars 2026

Critique lue 653 fois

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4

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