Bon. Tu te souviens de Danny Trejo dans Machete, ce mec increvable au visage tanné qui n'a jamais besoin de sourire pour faire peur ? En 2014 il a 70 ans, et au lieu de raccrocher, il enchaîne les tournages à un rythme dingue, genre vingt-cinq films en préparation la même année. Bullet, c'est un de ceux-là. Et franchement, ce film raconte une histoire toute bête : un flic proche de la retraite, surnommé Bullet, qui règle ses comptes tout seul quand son petit-fils se fait kidnapper par un baron de la drogue. Sauf que ce baron, Carlito Kane, c'est Jonathan Banks. Oui, le Mike Ehrmantraut de Breaking Bad. Et honnêtement les deux se donnent vraiment à fond dans un scénario qui, lui, ne suit pas du tout.
Ce qui est dingue avec Bullet, c'est le contraste total entre le réalisateur et le film. Nick Lyon, le mec derrière la caméra, a fait ses armes en Allemagne, à l'académie du film de Bade-Wurtemberg, et a dirigé Maximilian Schell, oscarisé, dans un thriller produit par Warner. Puis il revient aux États-Unis et termine par diriger un septuagénaire tatoué en train de mettre des uppercuts dans une cage de MMA clandestine. Question budget, trois millions de dollars, ce qui est déjà pas énorme pour un film d'action. Résultat au box-office : quasiment rien, le film est sorti direct en DVD et Blu-ray sans vraiment passer par les salles.
Et ça se voit à l'écran : les dialogues sont lourds, les rebondissements téléphonés à des kilomètres, mais il y a ce truc, cette énergie de série B assumée qui fait que malgré tout, tu passes un bon moment. La fin, sans surprise, Bullet gagne, il retrouve son petit-fils, sauve la fille du gouverneur, et Carlito Kane finit exécuté. Toutes les cases sont cochées, aucune surprise, mais Trejo reste Trejo, increvable jusqu'au bout.
Est-ce que c'est un bon film ? Non. Est-ce que c'est un nanar sympathique à voir un dimanche soir avec une bière ? Clairement oui.