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le 2 mars 2012
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Bon autant être clair il va falloir aimer les mangas, le montage cut, les lumières crades, la photographie dégueulasse, d'un. De deux, il va falloir être très ouvert d'esprit et ne rien attendre de...
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Peut-être vais-je encore être dur avec Tsukamoto. C’est parce que j’ai entamé une relation tumultueuse avec ce dernier. Depuis que j’ai vu ce coffret Carlotta dans le rayon de la Fnac, ce metteur en scène me questionne sur tout un tas d’aspects à propos du cinéma. Je dois dire que j’ai, la plupart du temps, été hostile à ce que j’ai pu voir de ce dernier donc avec Tokyo Fist ou A Snake of june même si il y’avais du mieux dans le dernier cité, au vu de l’horrible premier. Au moins, je retiens que via ce metteur en scène je ne cesse de remettre en question ma vision du cinéma. C’est à dire que peut être que je dogmatise les films même lorsque l’on tend à l’expérimental. Pour Tokyo Fist c’est ce qui est arrivé, j’ai vu un film bordélique qui s’appuyait à montrer des images marquantes qui visait au dégoût par le biais de la thématique sur l’aliénation au sein de la société japonaise. Je pense que ce film aurait mérité une meilleure compréhension du réel. Il s’efforce de vouloir montrer des aspects quotidiens, tout en modifiant leur substance par une source horrifique. En réalité, je pense que tout ce qui est montré dans ce film a une source horrifique qui se suffit à elle même. Vouloir modifier les images pour en donner quelque chose de plus effrayant est vain. Seulement la montrer suggère déjà un goût d’horreur. En fait le thème de l’aliénation plus particulièrement au travail possède déjà quelque chose d’effrayant à être montré telle quelle, puisque en tant que spectateur il est facile de dire qu’être un employé de bureau est déjà une tache harassante. Malheureusement, Tokyo Fist exerce à certain mépris à le démontrer puisqu’il se sent obligé de sûr-suggérer l’harassement et l’horreur du quotidien qui en fait est plutôt du réel.
Dans ce film là le montage, les gros plans, et la colorimétrie (qui ne se gêne pas pour changer sans vergogne pour des couleurs abusivement non-réaliste) penchent pour faire ressentir le spectateur plutôt que de tenir une base rationnelle dans la subtilité, qui viserait à être interprété par ce dernier. Ce procédé ne s’effectue que si sensoriellement cela marche. Chez Tsukamoto cela ne marche pas et le film dont je vais parler aujourd’hui ne déroge pas à la règle.
Je vais essayer d’être bref mais le film d’aujourd’hui relate une chose très importante qui fait le cinéma de Shin’ya Tsukamoto. Je décèle dans le cœur même de son cinéma quelque chose que je pourrais affilier au mépris du réel. Bullet Ballet est un film qui fonctionne par une expérimentation du réel que transmet les plans. Alors on retrouve ce que j’ai pu énoncer précédemment en terme d’annulation du réel. Cette manière de faire, comme je l’ai dis, est faite pour rendre captif tes sens, pour qu’à la fin tu ressorte mélangé de l’œuvre montrée. Je n’attends que cela est en suis même impatient car la plupart du temps, ma jouissance devant des œuvres cinématographiques nait de la teneur de subtilité que je peux déceler de mes interprétations. Je me lance donc et je dois dire que le film ne procure rien et que justement c’est son premier défaut de ne pas définir une réalité simple pour procurer des sensations. Le film te prend en otage dans ses gros plans qui ne procurent aucun effet à part celui de l’ennui. Comme je l’ai dit pour Tokyo Fist, et cela vaut fois deux pour celui là, le film se tourne vers des thématiques du malsain de notre réalité. Seulement la mise en scène se tue à les rendre plus horrifique par le biais de l'expérimentation. Cela ne marche pas, car le film nous séquestre dans un montage beaucoup trop rapide et des plans beaucoup trop resserré. Il n’y pas de valeurs dans ses plans, qui ne m’ont permis à aucun moment de détecter des vices puisqu’ils ne sont dans des gros plans criards, qui envoient comme idée au spectateur : «tu as vus c’est ignoble ce que ces gens font». De là me vient une question ; pour quoi ne pas seulement le montrer plutôt que de le surligner ? Car en effet, cela ne crée que frustration de ne pas voir en global l’horreur du train de vie des protagonistes montrés. La drogue, le sexe, les habits ou même la musique tout cela pourrait avoir une valeur à eux même, mais non on fait des gros plans qui à mon sens font totalement passer le film à côté de son sujet et parfois de sa vraisemblance. La scène qui est une concentration de cela est celle dans la boîte de nuit lorsque Goda s’y rend avec son arme fabriqué, il y avait une concentration de tous les vices dans cette boîte, malheureusement tous brièvement illustrer pour créer de l’image stroboscopique qui devient insupportable et qui surtout ne marche pas sur moi, l’expérimentation ne fonctionne puisque je me sens confiné dans ce petit cadre. Je me sens confiné car tout ce qui est montré aurait mérité de l’être plus amplement. Je pense à la scène d’usage d’héroïne qui se généralise à plusieurs scènes durant le film et qui est tellement mal mis en scène à un point où cela me fait oublier l’horreur de l’usage de ces substances. Elle se déclare à présent comme quelque chose qui ne me touche pas. C’est pareil pour la scène de sexe que l’on peut apercevoir à un moment et que je ne trouve pas proportionnelle dans le rendu de dégeulasse qu’elle souhaite créer. C’est une scène pleine de gros plan, de grimaces, alors que moralement se loge chez le spectateur une idée du malsain dans le fait de coucher en boîte, dans cette boîte de nuit en particulier au vu de la gueule qu’elle avait comme il nous l’est montré précédemment. L’utilisation du métal/punk (j’y est pas fait plus gaffe malheureusement), dans cette scène aurait pu aussi avoir une utilité dans les sensations de malsain que peut produire ce style de musique, d’autant plus qu’il rentre dans la diégèse du film donc il y’aurai pu y avoir une retranscription de cette dernière dans des corps réels. Le film aurait pu avoir l’intérêt de l’esthétique punk qu’il esquisse un peu avec la musique qui va avec mais en vain pour les mêmes raisons évoquées avant, dont celle qu’elle ne prend pas plus en considération les corps dans la boîte de nuit mais se dévout plus à en établir une façade, un décor.
Cela me permet de faire transition est d’aborder la façade spatio-temporelle. D’abord temporelle car avec du recul je retrouve le même schéma de frustration que dans une œuvre comme The Substance. En fait, nous sommes face un film qui se base sur la revanche, envers quelque chose, envers quelqu’un. De cela nous pourrons voir que cet aspect temporel affectera l’aspect spatial et le justifiera. Cet esprit de revanche sur quelque chose dans le cinéma, viens souvent à partir de névroses et d’événements. Le choix le plus évident pour parler de cela serait Taxi Driver. Un homme qui se meus dans une ville (New York), sans trop de but depuis un événement en particulier (Vietnam) est dans un job qui l’emmerde et va trouver un moyen d’exister par la personne de Jodie Foster, en se faisant justice soi-même. Ici c’est pareil ; la personne Goda est las de son existence depuis la mort de sa femme, est dans un job qui l’emmerde, une ville qui à ambition à être détaillé dans l’œuvre tout cela contribue à déclarer ses névroses et le pousse à tirer un fétiche pour une femme et un gang des très fonds de Tokyo. Je trouve ce fétiche intéressant à developer dans une œuvre cinématographique, dès lors qu’il passe réellement pour un fétiche. La personne de Goda n’a rien à faire là-bas au vue de son statut social esquissé dans l’œuvre. Donc on est véritablement face un fétichisme. Ce qui me dérange c’est que la mise en scène qui ne se pose pas et déclare sans crescendo la folie/la paranoïa chez ce dernier. C’est à dire que l’intérêt chez des personnages qui développe ça au cinéma c’est de la voir sur le long terme que petit à petit c’est une maladie qui se déclare chez eux. C’est intéressant de le voir au fil des séquences, de pouvoir l’observer soit même pour le diagnostiquer. Ici, c’est dès lors qu’on lui avoue le suicide qu’il part en quête de fétichisme chez une bande. Cette manière de faire rend confus la compréhension de ce fétiche jusqu’à presque l’annuler car il ne permet pas de le déclarer et de comprendre les instances qui se trouvent entre les personnages. Le temps aurait pu remédier à cela. Dans le sens que la tristesse, elle se déclare très rapidement, mais que la folie on y tombe petit à petit. L’observation de cela aurait fonctionné divinement bien, grâce au scène chez Goda où il se retourne face à ses pensées et se les encre physiquement, comme avec la scène où il se brûle ou lorsqu’il se met une balle dans la bouche qui parait comme un geste esthétique mais qui a une légitimité, qui aurait pu se placer un peu plus tard et aurait eu sûrement plus de symbolique.
C’est donc là, que l’on se retrouve avec la facette spatial qui est un gâchis complet. À l’image de son collègue temporel, l’espace aurait pu nous indiquer un tas de choses sur le fétichisme présenté en amont ou simplement sur la ville de Tokyo qui à l’air de travailler notre auteur. Le resserrement ambiant de la caméra et les ellipses nie la faculté que le temps aurait pu apporter sur Tokyo et sur ce gangs qui rôde dans un certain Tokyo. Mais mon intérêt se place encore plus sur ces espaces de Tokyo où l’on évolue dans des bagarres de gangs qui relève d’une certaine violence. Volontiers, j’en demande volontiers, cette image de Tokyo m’intrigue. C’est échoué géographiquement on ne se rend jamais compte de là où on évolue matériellement. Ce qui fait que je pense que Tsukamoto n’est pas un auteur qui filme Tokyo. On y enlève sa substance puisque chaque décore est interchangeable il n’y a que vers la fin grâce à la scène des corps qui brûle que l’on déserre la caméra pour voir ce qui environne ces quartiers. Sinon c’est une image sous un pont et le spectateur comprends par conséquent que c’est malfamé. Désolé mais je trouve ça très impersonnel. Ce qui rend le tout le plus ennuyant, c’est les séquences dans des ruelles très fermés qui sont le summum de l’impersonnelle. Vu que l’on ne chronologise pas le comment on finit dans ces ruelles, alors elles deviennent interchangeable. L’exemple parfait est celui de la scène où Goda revoie pour la première fois, où il y’a une ellipse entre ce dernier qui marche et qui arrive dans la ruelle en question. On ne sait pas comment un homme évoluant dans de beaux quartiers arrive ici. Cela influe donc directement sur le thème des gangs à Tokyo, qui sont ici dans une mouvance Punk qui aurait mérité un développement. La violence aussi dans ces recoins de la ville est erroné. Pourtant, elle aurait dû être montré, puisque même Tsukamoto lui-même avance s’être inspiré de faits divers résidant dans ces quartiers. Il n’y a pas de chronologie et d’approfondissement sur les personnes fétichisées. La violence est donc annulé par le montage et le resserrement des plans qui annule la violence plutôt que de la montrer telle qu’elles. La scène où les deux gangs s’affrontent et où Goda les suit avec son arme en est le cas parfait. Cette scène est de même on ne comprend pas comment ce dernier arrive dans cette scène, comment le sait-il ? Et par conséquente la séparation entre son quartier aisé et ce quartier là. De plus, tant de modifications sur l’image dénature la violence même. C’est-à-dire que la violence cru lors de bagarres a l’arme blanche comme il l’est illustré, par des barres de fers par exemple, auraient pu avoir un aspect tellement cru que la violence se serait, à force, inscrite sur nos corps au point de nous effrayer, et là la violence aurait été efficiente. C’est dommage pour un film qui développe la thématique de l’arme et de la violence qu’elle crée. C’est par conséquent pareil pour la scène de boxe ré exploitée dans ce film (écho à Tokyo Fist), où tout simplement le sens de l’arme à feu qui ne s’incrit terriblement jamais dans une violence bien montré ou simplement expérimentée. C’est bien dommage et cela montre un grand échec de mise en scène.
Ce qui peaufine mon mécontentent est sûrement le noir et blanc qui émane de ces scènes. À la base, je le voyais plutôt comme un gage de sobriété pour la mise en scène puisque comme je l’ai évoqué Tsukamoto a tendance à suriner les changements de couleur dans ces films au gré du réalisme. Je l’ai dis cela ne marche pas sur moi ce type d’expérimentation et donc le réalisme passe au second plan, alors qu’il aurait pu avoir une meilleure force pour la thématique exploitée. Alors, l’aspect plutôt sobre des séquences en début de film avant qu’intervienne l’assassinat de sa femme m’avait laissé espérer que, au moins, les images du film n’auraient pas pu être l’objet d’un désastre esthétique. Que nenni lorsque l’on arrive sur les séquences de bagarre de rue, que j’ai évoquées auparavant, où les lumières cherchent à nous aveugler et se développent pour nous perdre, c’est un naufrage par leur non-réussite sensitive.
Pour conclure, je vais simplement dire que le cinéma de Shin’ya Tsukamoto n’est pas mauvais en lui-même puisqu’il me pousse tout de même à exercer des réflexions par rapport à ma vision sur le cinéma. Je me pense parfois trop dogmatique sur le cinéma et ce genre de film me remet souvent à avoir une réflexion et ça c’est déjà un bon point. En attendant, je vais continuer à poncer ce coffret que je me suis offert en espérant être plus indulgent avec ce dernier. En tout cas, je n’ai qu’une seule phrase à dire à ce dernier : l’horreur naît trop souvent du banal.
Créée
le 7 mars 2025
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