Les frères Coen savent tout faire. La comédie (“The big Lebowski”), le drame (“Fargo”), le thriller (“No country for old men”), le film noir (“The barber”). Mais malgré sa diversité, leur oeuvre est dotée d’une colonne vertébrale, elle traite de façon récurrente d’un seul et même sujet : la connerie. Les frères Coen aiment filmer les cons, la connerie de leurs personnages étant, à chaque film, plus ou moins évidente. Dans « Burn after reading », elle crève les yeux. Que se passe-t-il quand plusieurs crétins, qui ne se connaissent pas, sont soudain mis en relation lorsque l’un d’eux se retrouve en possession d’un CD rempli de « codes and dates, and codes and dates » ? Les conséquences sont bien sûr catastrophiques, parce que le grand problème des cons, c’est qu’ils ne prévoient pas. Ils n’anticipent pas. Ils agissent, malheureusement.

« Burn after reading » pourrait être considéré par certains comme un « petit Coen ». Pourtant, c’est un des films les plus représentatifs de leur cinéma et, surtout, de leur humour. Le film est à mourir de rire, les choses y sont dites tout en nuance, mais avec une efficacité redoutable. Les acteurs y sont pour beaucoup. George Clooney est extraordinaire, John Malkovich est délectable, et Brad Pitt… Ce type a cela de merveilleux, et d’infiniment respectable, qu’il ne choisit pas ses rôles en fonction de son physique. Dans la quasi-totalité de ses films (on considérera "Troie" comme un moyen pour lui de s’offrir une belle maison au bord de la mer), on pourrait mettre un acteur au physique lambda à sa place, le film n’en pâtirait pas ("Seven", "Inglorious basterds", "Snatch", "L’armée des 12 singes"…). Dans "Burn after reading", il est le con par excellence. Le débile qui ne prévoit rien et qui ne sait absolument pas ce qu’il fait. Chacune de ses scènes est délectable.

"Burn after reading", c’est une histoire de crétins, au pays des crétins, qui s’attirent des problèmes de crétins, et qui tentent de leur trouver une solution en utilisant leurs cerveaux de crétins.
AlexLeFieutard
8

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le 12 janv. 2013

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