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Après Cooties (2014) dans lequel des professeurs d’une école se retrouvaient confrontés à des élèves devenus zombies, Jonathan Millot et Cary Murnion se lancent pour leur deuxième bobine dans le cinéma d’anticipation, à la manière des Fils de l’Homme (2006) de Alfonso Cuaron. Son titre, Bushwick, en rapport au quartier de New York du même nom. Si je cite Les Fils de l’Homme, ce n’est pas un hasard tant les deux films ont pas mal de similitudes. Et même si Milott et Murnion n’ont pas eu le même budget et n’ont pas le même talent que Cuaron, on sent chez eux une réelle envie de bien faire, certes parfois maladroite, mais néanmoins honnête et, bien qu’imparfait, le résultat est efficace.


Bushwick va mettre en scène un duo de personnages. Nous avons d’un côté Lucy, jeune étudiante venue rendre visite à sa grand-mère pour lui présenter son nouveau petit ami. De l’autre, nous avons Stupe, ancien marine devenu infirmier, aujourd’hui concierge d’un immeuble. Lorsque le petit ami de Lucy meurt dans une explosion et que cette dernière se retrouve agressée par deux jeunes, elle se réfugie dans le premier sous-sol qu’elle trouve, celui de Stupe, qui va la débarrasser des deux malotrus. Pris en pleine guérilla qui va voir s’affronter les forces de l’Union des États du Sud des Etats-Unis et la population de New York, ils vont essayer de survivre dans ce chaos ambiant, désespérément à la recherche de leur proches et de la zone d’évacuation de l’Armée américaine. Clairement, Bushwick n’a pas inventé l’eau chaude. Le film emprunte un peu partout, aussi bien aux Fils de de l’Homme donc, pour l’ambiance générale et la façon de mettre en place des choses, que par exemple au jeu vidéo The Last of Us (PS3/PS4) pour son duo gros balèze / jeune fille fragile, dans lequel chacun prendra à sa façon soin de l’autre. Son déroulement sera également très classique, sans réel rebondissement, avec nos comparses qui vont devoir aller d’un point A à un point B en subissant les évènements extérieurs contre lesquels ils ne peuvent pas grand-chose. On sent également les limites du petit budget qui a été alloué aux réalisateurs. Rarement notre duo est confronté à plus de 2/3 soldats ou survivants agressifs simultanément. La bande sonore en fond, à savoir des tirs et autres voix sortants de hauts parleurs, à tendance à vite devenir répétitive si on tend un peu l’oreille. Certains figurants semblent faire un peu n’importe quoi, comme s’ils étaient livrés à eux-mêmes. Et pour peu qu’on y fasse gaffe, c’est très facile de s’attarder sur encore d’autres défauts car le film n’en est pas avare.


Mais ça, c’est si vous ne rentrez pas dans le film, car si vous y rentrez comme moi dès les premières secondes, il vous embarque avec lui au plus près de ses personnages et ne vous laisse que peu le temps de souffler. Deux partis pris pour les deux réalisateurs : la caméra à l’épaule afin de coller aux basques du duo Lucy / Stupe, et un film tourné quasi entièrement en plan séquence dont un premier de 28 minutes. Alors il est très facile de remarquer que ce ne sont pas des vrais plans séquences (les coupes et les subterfuges pour les cacher sont assez visibles), mais au final, qu’importe, on est dans le film, et ce dès la scène d’introduction. Ici, il n’y a pas de héros, juste des gens normaux qui tentent de s’en sortir. Nous avons certes un ancien Marine, interprété par un Dave Bautista sobre et vraiment très convaincant, mais il n’est pas du tout invincible comme il aurait été facile de le faire. Les réalisateurs optent pour le réalisme, aussi bien dans les réactions des personnages, celles de la population face à cette guérilla, que dans la façon de mettre cette guerre civile en scène. Les cadrages sont parfois improbables, certaines scènes très sombres afin de nous mettre dans les mêmes conditions que les personnages, et on nous fait constamment ressentir l’urgence. L’immersion est le maître mot et sur ce point, Bushwick est assez impressionnant. Certaines scènes font preuve d’une grande puissance (l’interrogatoire, le monologue final du personnage de Stupe), le scénario approfondit les personnages au fur et à mesure qu’il avance, et le final prend le spectateur à contrepied, renforçant cette idée qu’on suivait bien des gens lambda. Dommage que Bushwick ne fasse qu’effleurer le sujet politique qu’il met en scène, surtout si on prend en compte qu’il est sorti en 2017, sous l’ère Trump (bien que tourné en 2015), car il aurait pu être réellement marquant.


Bushwick est un film qui divise le public. Certains le trouvent vraiment mauvais, alors que d’autres y voient une très bonne petite série B très efficace. Je me range de mon côté dans la deuxième catégorie tant le film m’a immédiatement embarqué au plus près de ses personnages.


Critique originale avec images et anecdotes : DarkSideReviews.com

cherycok
7
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le 14 sept. 2021

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cherycok

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