Il arrive que des films pas du tout attendus, qu’on va voir un peu à reculons, deviennent un moment pas si désagréable, voire même plaisant. C’est le cas pour moi
avec BUZZKILL, une parodie décomplexée de slasher "étudiant", assez ludique et distrayante pour s’y attarder.
Attention quand même, ça vole vraiment pas haut dans cette comédie horrifique qu'on pourrait qualifier de "sorority slasher", comprenez un slasher où un tueur masqué en prend à tour de rôle à chacune des étudiantes d’une sororité, ces résidences étudiantes bien cliché des feuilletons américains.
Le film s’ouvre sur une soirée de débauche habituelle dans ce genre d’endroit. Une jeune femme qui devait rester sobre mais qui a succombé aux festivités, est la seule témoin d’un meurtre par un tueur masqué.
Le suspect idéal est vite appréhendé et l’affaire classée, mais quelque chose cloche, et l’héroïne malgré elle, est la seule à pouvoir percer le mystère en se souvenant du déroulé de cette soirée.
Problème, alors qu’elle est censée se sevrer de son addiction à la boisson, l’ivresse est pour elle le seul moyen de se remémorer ce qu'il s’est passé.
Voyez un peu le genre de scénario complètement claqué au sol qui nous attend, le film ne se prend pas au sérieux dès la scène d’ouverture, et l’histoire qui suit est à prendre au second degré.
Et c’est tant mieux, là où de nombreux slashers sortis ces dernières années avaient tendance à taper sur le système en se prenant prétentieusement trop au sérieux (SCREAM VI et le remake de SOUVIENS TOI L'ÉTÉ DERNIER par exemple), pour au final ne servir rien d'autre que du réchauffé, mal écrit et mal interprété en plus. BUZZKILL à contre courant de la mode des slashers modernes, met les pieds dans le plat pour éparpiller façon puzzle tout les codes du slasher. C’est impertinent, politiquement incorrect quand il traite un sujet aussi grave que l’alcooslime, et franchement libérateur, ça fait du bien un film qui part dans le grand n’importe quoi et l’assume jusqu'au bout. La déduction sur la révélation du tueur est un formidable exemple d’humour absurde.
Avec sa photographie aux teintes roses bonbon et son mauvais goût prononcé pour l'humour potache, on tient en premier lieu une caricature de teen movie mielleux version gore, mais le côté parodique ne s’arrête pas là. Passé une première partie entremêlant fun et violence, on bascule petit à petit dans une enquête façon Sherlock Holmes, avec des meurtres de plus en plus graphiques et une intrigue qui se tient, malgré le ton volontairement absurde du film. L’intérêt du récit réside d’abord dans l’élucidation du mystère, mais aussi fortement dans la survie de ces étudiantes décérébrées dans un huis clos tendu sous ses apparences de "safe place".
BUZZKILL à défaut de réinventer le genre du slasher, le dépoussière de façon plutôt grotesque, avec des pitreries presque infantiles qui renvoient ses protagonsites à leur place, des ados immatures.
Terme anglais qu’on pourrait grossièrement traduire par "gâcher le plaisir", il peut être ici employé à double sens, pour désigner le tueur qui nuit à la fête et à la bonne ambiance, mais aussi pour parler de la protagoniste principale, véritable trouble-fête par son addiction et son comportement puéril.
En revanche le plaisir du spectateur est loin d’être gâché à condition de se laisser prendre au jeu dès le début et d’adhérer au propos caricatural du film. C’est loin d’être une perte de temps et en plus c’est drôle.
Arrivé récemment aux États-Unis sur la plateforme Tubi, une sortie française n’est pour le moment pas envisagée, mais si c’est le cas, il ne faudra pas passer à côté.
Ma note : 6/10
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