Une nouvelle perle à ajouter à la longue liste des films de folk horror modernes post-MIDSOMMAR.
Après le meurtre d'un membre de sa communauté, la fille du pasteur voit sa paranoïa accroître tandis que se répandent dans le village les rumeurs d'une créature qui rôde dans les bois.
Estampillé "folk horror", cette pépite venue de Grande Bretagne (encore !? décidément...) coche toutes les cases du petit film indépendant où se mêlent sorcellerie, monstre et drame familial, le genre de bobines comme on en voit très fréquemment ces dernières années, sauf que celui-ci cumule de nombreux points forts, qui le font sortir du lot.
Déjà une durée relativement courte d'1h20, qui permet une immersion directe dans le folklore du film, et évite les longueurs propres à un style qui aime prendre son temps, jouer sur les ambiances et les décors. On n'a pas le temps de s'ennuyer et c'est tant mieux.
Ensuite la structure du récit, linéaire mais toutefois entrecoupé de brefs flash-back qui aident à la compréhension, le tout bénéficiant d'un solide montage et de quelques scènes marquantes. Celle du rêve à la moitié du film, marquera certainement les esprits.
Bien que les thématiques abordées dans THE SEVERED SUN soient semblables à n'importe quel film de folk horror moderne, à savoir l'émancipation féminine face au patriarcat, et surtout le puritanisme religieux, chouette cocktail en somme, le film se démarque par son ambiance envoûtante, emmené par un casting franchement excellent, les acteurs sont tous très à l'aise dans leurs rôles respectifs et étonnants de justesse. Et tout ça sans se perdre dans des dialogues interminables, le film est peu bavard mais on comprend tout de suite les intentions et le ressenti de chaque personnage.
Cerise sur le gâteau, cet antagoniste, sorte de créature sombre et silencieuse, est des plus réussies. Rarement vu un truc aussi stylé dans l'horreur depuis un bon bout de temps !
THE SEVERED SUN, le "soleil rompu", est en définitive un conte vicieux à l'atmosphère soignée, qui bouscule les codes établis et va chercher la noirceur là où elle est la plus terrifiante : dans l'âme humaine. Le film se permet de magnifiques plans assez mémorables, en plus d'avoir une très bonne direction artistique, ce qui le démarque de ses homologues.
Après avoir sorti un excellent documentaire sur la folk horror, la plate-forme Shadowz propose aujourd'hui de véritables pépites inédites par chez nous de ce sous genre très sophistiqué du cinema d'épouvante. LORD OF MISRULE, HÉRÉSIE, BREATHING IN, TERRE MAUDITE, et maintenant ce magnifique THE SEVERED SUN, autant de titres peu connus, mais qui méritent amplement le coup d'œil.
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