Encore un film assez dingue et trop méconnu de Deville (hasard du classement #600favoritefilms, j'en ai 5 assez resserrés par ici... et quelques autres un peu plus haut), l'un des derniers d'une série de 12 longs métrages cosignés avec Nina Companeez au scénar qui culminera en 71 sur l'immense "Raphaël ou le débauché".
Ici, on est sur une sorte de film noir, bijou hitchcockien d'abstraction visuelle aux ellipses de montage virtuoses et autres trouvailles narratives particulièrement inventives, dont l'intrigue vaguement criminelle raconte l'enquête d'un journaliste sportif habituellement plutôt oisif et jouisseur (Philippe Avron, parfait) pour retrouver la trace de la mystérieuse jeune femme dont il est tombé amoureux au premier regard, sous la coupe d'un père adoptif influent aux activités plus que douteuses (flippant Bruno Cremer).
L'exercice de style brillant le dispute à l'étude de caractères et au trouble qui s'instaure peu à peu autour de la personnalité de Barbara et de sa relation naissante avec le personnage principal qui ne sait pas forcément où il met les pieds, avec toute une thématique du fantasme amoureux pur et romantique vs. la réalité d'une relation et ses plus sombres dérives (obsession possessive, frustration, besoin de contrôle etc.) préfigurant quelque part le très beau et plus dramatique "La femme en bleu" (avec Piccoli - celui-là je n'en parlerai pas mais je n'en pense pas moins). Fin en miroir absolument vertigineuse et glaçante, soit dit en passant.