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le 26 mai 2026
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Sacré morceau que le nouveau film de Ryusuke Hamaguchi !Il y aborde énormément de choses sans jamais donner l’impression de vouloir cocher des thèmes : les relations humaines les plus simples, la...
Bon, il est temps de cracher un peu dans cette soupe. N'y allons pas par quatre chemins, je classerai sans vergogne ce film quelque part entre "Spider-Man: Brand New Day" et "Marsupilami" au moment des bilans de fin d'année, ne serait-ce que par réaction envers l'escroquerie critique que semble être devenu Hamaguchi en une triplette de longs métrages vertigineusement surcotés. Il faut dire que 3h15 pour rester à ce point en surface d'un tel sujet, donner à voir et ressentir tellement peu de cinéma au regard en tout cas de l'idée que je me m'en fais et ne même pas faire du temps une dimension signifiante du récit (contrairement à d'autres cinéastes asiatiques, fanzouzes parfois éhontés - cf. les médiocres "Et là-bas, quelle heure est-il ?" ou "Café Lumière" - de la Nouvelle vague française tels que Tsai Ming-liang ou même Hou Hsiao-hsien à son meilleur), il fallait oser. Ceci dit, entre les références bavardes et pompeuses à Rohmer du premier segment de "Drive My Car" (cette fois c'est Godard qui est cité, avec la finesse d'un éléphant au galop) et l'opacité fumeuse doublée de flou interprétatif cultivés à dessein avec "Le mal n'existe pas", on connaît désormais l'expertise du Japonais dans l'art de donner à son cinéma une illusion de profondeur inversement proportionnelle au peu d'intelligence, de complexité humaine et de réelle ambivalence dont il fait effectivement preuve.
Certes, le cinéaste n'est pas incapable de fulgurances, on se souvient du voyage au village d'enfance de "Drive My Car" ou de l'échange en voiture du "Mal n'existe pas", ici on a par exemple cette touchante mise à nu en Japonais des deux personnages féminins lors du Q&A de la pièce de théâtre, première et plus belle manifestation de cette amitié soudaine à laquelle la fameuse "humanitude" que met en pratique la directrice d'EHPAD incarnée par Efira n'est probablement pas étrangère dans la capacité d'empathie et de regard sur l'âme d'autrui qu'elle lui confère. Il y a ici et là de belles scènes intimistes entre les deux actrices dont le double prix d'interprétation cannois ne fut pour le coup pas volé, mais malheureusement noyées dans un océan de didactisme sentencieux et d'enfonçage de portes ouvertes - on nous explique péniblement et à de multiples reprises à quel point les personnes âgées atteintes de troubles cognitifs sont mal traitées en EHPAD, à quel point rien ne change à cause du capitalisme, les rouages de ce dernier et leur impact sur notre rapport à l'autre, comment réapprendre à communiquer avec ceux dont l'amoindrissement des facultés mentales n'est pas pour autant synonyme d'effacement de l'esprit et de la personnalité, etc, etc.
Un traitement qui rend l'accueil dithyrambique du film symptomatique d'un "deux poids, deux mesures" assez gênant de la part de la critique et d'une certaine cinéphilie actuelle : imaginez un peu à quel point cette pédagogie de tous les instants aurait vu "Soudain", s'il avait été américain, unanimement taxé de pensum imbuvable, de lourde démonstration, ce qu'il est pourtant dans les grandes largeurs, bien loin à mon sens des multiples questionnements ambivalents du beau "Dernier souffle" de Costa-Gavras, qui sous son apparente légèreté en disait autrement plus long en deux fois moins de temps sur un sujet apparenté sans tomber dans le piège du film à thèse.
Alors oui, la douceur des relations humaines, l'empathie parfois un peu naïve voire hors-sol du film (éradiquer les hôpitaux psychiatriques... ?! Hamaguchi vit-il bien dans notre dimension, en 2026 ?) a certainement fait du bien à certains spectateurs, surtout parmi ceux qui ont aujourd'hui besoin, pour s'extraire de la sursollicitation de nos cadences d'attention quotidiennes vis-à-vis des écrans, d'un rythme relativement contemplatif et d'une durée démesurément longue et diluée pour appréhender un "temps de vie" auquel un sens de l'ellipse bien maîtrisé aurait pourtant tout aussi bien pu donner corps ici... et le film, heureusement, est nettement plus réussi, moins désagréablement arty et paradoxalement plus "modeste" que son prédécesseur... mais on peut légitimement douter qu'une oeuvre aussi peu excitante cinématographiquement parlant et qui laisse si peu de traces à l'issue de son visionnage puisse générer un enthousiasme aussi large et partagé sans cette part de cinéphilie poseuse qui se complaît désormais dans l'ostentation auteurisante du "slow cinema", par rejet idéologique d'une efficacité du récit "à l'Américaine" resserrée sur l'essentiel, injustement devenue synonyme de conformisme commercial - alors que même si elle est trop souvent galvaudée aujourd'hui par des produits sans âme, c'est d'abord par cette économie et par la superposition de plusieurs niveaux de lecture à prendre à ou laisser en fonction de ses affinités de spectateur que passe l'humilité de l'auteur vis-à-vis de son auditoire, sommé ici de se coltiner pas moins 195 minutes de métrage pontifiant ce qui est est déjà en soi d'une prétention sans nom.
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il y a 5 jours
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le 26 mai 2026
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