Les points forts:
- Les acteurs: Les gamins sont excellents, en particulier Finn Wolfhard (Richie), de Stranger Things, Jaeden Lieberher (Bill), de Midnight Special, Sophia Lillis (Beverly), Jack Dylan Grazer (Eddie), Jeremy Ray Taylor (Ben). Défi relevé pour Bill Skarsgard qui propose un Pennywise certes très différent de celui qu'avait interprété Tim Curry mais sacrément convainquant dans ses grimaces et ses regards torves.
- Les dialogues: Le Club des Losers est sans aucun doute la meilleure partie du film, notamment du fait de dialogues crûs mais plein de répartie entre les différents protagonistes. Les répliques de Richie sont assez souvent hillarantes. Pas mal de clichés néanmoins, notamment vers la fin, mais rien qui n'endommage sérieusement le film.
- Le ton: Le film circule assez bien entre les registres de l'horreur, de l'humour et du drame d'enfance. Je ne m'attendais d'ailleurs pas à ce que le film soit aussi drôle. Ces changements de registre ne marchent pas à tous les coups mais en règle générale, ça fonctionne.
- La direction artistique: La restitution de l'atmosphère propre aux (filmes des) années 80 est très correcte, même si ça n'atteint pas le rendu d'un Super 8 ou d'un Stranger Things. Je ne sais pas combien d'heures ils ont passé à maquillé Skarsgard et à lui coller ses prothèses de Pennywise, mais le résultat est impeccable. Les décors, en particulier ceux de la maison hantée et des égouts, entièrement construits en studio, valent également le détour.
- Les effets visuels: Discrets dans l'ensemble, ils servent surtout à mettre en scène les terrifiantes métamorphoses lovecraftiennes de Pennywise. En revanche, le coup de la plongée tête en avant face caméra, que le réalisateur nous refait plusieurs fois pendant le film, ne fonctionne pas du tout.
- La cinématographie: Les éclairages sont magnifiques, que ce soit à l'extérieur ou dans les égouts. Il y a un tout un jeu sur la couleur rouge et sa symbolique pendant le film, qui est mis en valeur par les contrastes.
Les points faibles
- Le design sonore: De très loin le pire du film. Des effets sonores assourdissants accompagnent, ou pire, anticipent, chaque apparition de Pennywise, désamorçant souvent l'effroi qu'elles pourraient susciter. Et lorsque Pennywise apparaît effectivement à l'écran, le son est tellement assourdissant qu'on finit par ne plus prêter attention à ce qui est en train de se passer. C'est dommage parce que le film n'avait absolument pas besoin de ça. La bande originale est tout à fait oubliable. Pourtant, quelques films d'horreur comme It Follows et The Witch nous ont habitué récemment à un excellent travail sur le design sonore.
- Le rythme: Autant les critiques se plaignent souvent de la durée trop longue des productions actuelles, autant là j'ai trouvé le film trop court. C'est plutôt bon signe d'un côté: le film n'est pas chiant. Certaines parties auraient néanmoins gagné à être un peu plus développées à l'écran, notamment celles relatives à l'enquête de Ben sur le passé de la ville et les meurtres commis par Pennywise par le passé. On a au final l'impression que tout ça est très vite expédié. D'un autre côté, l'introduction de chacun des personnages est ponctué à chaque fois d'une intervention de Pennywise, sous une forme ou sous une autre, ce qui devient assez vite répétitif sur tout le premier acte.
- Le scénario: Le scénario n'est pas mauvais, loin de là, mais très prévisible, ce qui est toujours un peu décevant quand on parle d'un filme d'horreur. Évidemment, comme il s'agit de la seconde adaptation d'un roman archi-connu, la première adaptation étant déjà elle-même archi-connue, difficile de faire original. On regrettera également le traitement un peu trop unidimensionnel de la plupart des personnages, définis par une seule caractéristique (l'hypocondriaque, le juif, le bègue, le bavard, le noir, la pubère, etc.), en particulier du côté des adultes.
Au final: un bon film, divertissant, effrayant par moment mais pas trop non plus, avec quelques visuels bien choisis (la scène où Berverly entrevoit les Deadlights) et des personnages attachants. On aurait toutefois préféré quelque chose d'un peu moins convenu du point de vue du récit et des effets censés provoqués la peur chez le spectateur.