Ce film d'aventures antiques, véritable ancêtre du péplum, ne brille plus par l'efficacité de la mise en scène, ni par l'originalité du scénario. Trop long sans doute, le récit semble parfois désordonné, rendu confus par une histoire éclatée, et ennuie même, du fait de plans trop longs, d'un montage manquant de rythme et de personnages élémentaires.
Cela dit, "Cabiria constitue une incontournable curiosité, non seulement parce que le film de Pastrone est sans doute l'une des premières super-productions du cinéma mais aussi parce qu'en certaines scènes, le film montre une véritable inspiration dramatique aux accents de tragédie classique. Aux intertitres souvent incantatoires s'ajoute un accompagnement musical symphonique qui communique de la puissance à cette histoire majestueuse par ses décors, par sa figuration nombreuse ou par ses scènes de bataille finales, qu'on trouvera néanmoins brouillonnes et forcément désuètes. Plus étonnant reste le caractère baroque des séquences de sacrifice au temple qui témoigne d'une vision exubérante.
On pioche tout au long de ce vestige cinématographique des moments inspirés et des principes fondateurs...tout en s'intéressant peu au sujet.