Film naturaliste (et un peu naturiste) qui nous met face à une réalité socio-politique que nous occidentaux connaissons si mal: le clivage culturel énorme qui définit encore aujourd’hui les relations entre les citadins et les ruraux dans les pays en développement comme l’Inde.
Le film met en scène un homme qui vit à Mumbai, l’une des plus grande mégalopole mondiale, et qui revient sur sa terre natale paumée on ne sait pas où en Inde, afin d’accomplir les rites de passages obligatoires à la religion hindouiste en cas de décès d’un parent.
Isolé dans ce monde par rapport auquel il est devenu si étranger, pris d’une mélancolie qui semble avoir envahit tout son être suite au départ de la femme qu’il aimait, il va retrouver son meilleur ami avec qui il partage une passion amoureuse depuis son enfance.
Si c’est un scénario qui manque un peu d’originalité, on est pourtant séduit par la qualité des images qui nous sont transmises et la représentation esthétique de cette famille mangeant le curry traditionnel à même le sol, pour accompagner le fils qui n'a pas le droit de s'asseoir sur une chaise ou un lit pendant les 10 jours qui précédent les funérailles du père. C'est ainsi poignant à quel point on ressent que cette communauté est à la fois le terreau d'une solidarité organique mais aussi de la contrainte sociale que cet homme a fuit. Être entouré des siens et pourtant de ne pas se sentir à sa place, être incompris par les gens qui nous aiment, être différent par rapport à la culture familial, c'est à la fois fois si douloureux et en même temps si universel...