La chute est fracassante et violente, je n'avais pas une image aussi dégradante de Jean-Marc Vallée. "Café de Flore" est un étalage consternant de procédés tous plus horribles les uns que les autres, que ce soit au niveau du scénario, de la mise en scène, ou de l'interprétation. Je ne comprends absolument pas comment le réalisateur canadien a pu penser que son histoire d'âme-sœurs, de réincarnation et de récits parallèles allait pouvoir passer agréablement. C'est une torture du début à la fin, annoncée par l'utilisation pompière de la musique qui va au demeurant assez bien avec l'image de DJ de supermarché qui nous est servie pour une moitié du film — utilisation très scolaire de groupes trop sûr, Sigur Rós, Pink Floyd, The Cure, Creedence, avec de temps en temps quelques remixes électro du plus mauvais effet. Il n'y a guère que la reprise de Noir Désir par Sophie Hunger qui surprend.


Le film consiste grossièrement en une juxtaposition gratuite de deux histoires, une en France dans les années 60 ou 70, et une autre au Canada à l'époque de la sortie. D'un côté, Vanessa Paradis en mère courage (et rendue laide pour l'occasion, on ne sait pas trop pourquoi) protégeant son enfant trisomique et témoignant un amour intense. De l'autre côté, Kevin Parent en père de famille parfait (femme aimante, deux filles, jolie maison, joli boulot, etc.) qui tombe sous le charme d'une femme et voit sa vie basculer. Et alors ? Eh ben rien, il n'y a aucun rapport. Si Vallée s'était contenté de tisser en parallèle ces deux histoires sans autre objectif, il aurait abouti à un film nul mais pas odieux. Malheureusement, il commet une faute assez ahurissante en voulant donner un sens à ces deux histoires dans le dernier quart d'heure, sous la forme d'une révélation désastreuse — une médium nous annonce que les personnages des deux époques communiquent d'une certaine façon : les uns sont la réincarnation des autres. La mâchoire se déboîte et tombe par terre devant une telle audace.


Et le machin de rajouter au niveau anesthésiant de tape-à-l'œil une surcouche de pathos tétanisante — le fameux accident de voiture qui anéantit une gentille petite famille comportant un enfant handicapé. Le virage ésotérique final est fatal, ajoutant à l'esthétique de pub une finition sous forme de bouillie mystique.

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le 27 juil. 2025

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Morrinson

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