Soirée de réveillon au Café de Paris, où se déroule l'intégralité du film. Le Tout-Paris s'y bouscule, c'est-à-dire des snobs et des hypocrites, des noceurs et des crapules, comme nous les montre, de tables en tables, Yves Mirande. Et parmi eux, le redouté patron d'un journal à sensation.
Mirande n'a pas l'acrimonie d'un Clouzot (laquelle, d'ailleurs, touche toutes les couches de la société). Les rosseries dont il accable ces bourgeois et mondains sont inoffensives parce qu'elles sont conventionnelles et ne relèvent pas d'un exercice de style acerbe en forme de jeu de massacre. La complaisance du scénario et les insuffisances de la réalisation ne permettent pas d'aller bien loin dans la satire.
Paradoxalement, lorsqu'après un long préambule de présentation, la comédie prend un tour policier, le film est moins plaisant. La pauvreté de la mise en scène et la médiocrité de la direction d'acteurs sont plus encore manifestes. Les personnages, tous caricaturaux, manquent de talent et de causticité et ne doivent, finalement, d'exister que grâce au métier d'une belle collection de comédiens de talent.