Une rupture c'est jamais facile. C'est un peu de ça dont traite le film d'Olivier Masset-Depasse. Entre autres thématiques. J'avais déjà vu le film une première fois à sa sortie. Depuis j'ai effectué un sacré parcours. Les choses changent, les goûts aussi. Lorsqu'on s'adonne à ce fabuleux exercice que de revoir des films vus il y a cinq ans, le résultat peut s'avérer surprenant. J'avais vraiment beaucoup aimé ce film. Mais j'en ai vu trop depuis. Qui parlent des mêmes choses en mieux. Cages n'est pas non plus un navet, du tout. Mais en tous points j'ai trouvé mieux.
L'idée du scénario reste assez sympathique. Mais le traitement comporte quelques maladresses, un poil de naïveté, et un peu de lourdeur. Les conflits ne fonctionnent tout simplement pas. La situation n'est que peu crédible finalement. Je ne parle pas dans la globalité, mais dans les petits détails. Il y a toujours ce petit truc qui fait la facilité des scénaristes comme si la psychologie de leurs personnages importait plus que les péripéties. Pourtant, les péripéties sont importantes pour justment révéler la complexité d'un personnage; c'est dans le plein fouet de l'action qu'un protagoniste peut enfin voir sa destinée bifurquer, prendre une toute autre direction.
Ce qui est remarquable dans le film, c'est l'évolution de l'image. Peut être que c'est juste une impression et peut être d'ailleurs que les scènes n'ont pas été tournées dans l'ordre chronologique. Toujours est il que, lorsqu'on lance le film la peur surgit: la caméra tremble inutilement, dans l'espoir d'imiter une série cablée connue ou bien de dissimuler le manque de moyens? L'ouverture du récit, en tous cas, est assez mal filmée ; la caméra bouge beaucoup trop. Petit à petit, elle se calme, elle se pose comme un oiseau sur sa branche. Les scènes du concours sont d'ailleurs très belle. La scène de sexe aussi. Bon après, il y a ce foutu scénario qui prête à rire au milieu d'une belle scène intelligemment décortiquée. C'est dommage. Toutefois, je jugeais important de signaler cette évolution, passant ainsi d'un statut de téléfilm à celui de film de Cinéma.
Bref, Cages s'avère bel et bien être un premier film. Le réalisateur n'est tout de même pas passé inaperçu et le succès critique de ce premier film est certainement responsable de la réalisation de son suivant, encore plus acclamé: Illégal. Que je n 'ai pas encore vu. Mais que je voudrais bien voir. Puis en plus je vois qu'il a à nouveau fait équipe avec la ravissante Anne Coesens; du haut de ses quarante ans, elle resplandit! Le film vaut le détour ne fut ce que pour elle et ses tétons. A voir.