Calmos, film de 1976 de Bertrand Blier, réalisateur qui nous a quittés il y a peu, a été descendu par les critiques à sa sortie, critiques qui agaçaient Jean Rochefort lors d'une émission jadis.


À la lecture de commentaires dans les réseaux sociaux d'aujourd'hui, cette comédie bucolique et dystopique semble avoir repris vie par la grâce de cinéphiles amateurs de bons dialogues aussi succulents que les mets d'un copieux repas. Les premiers visionnages ont un côté libérateur en réaction à la considérée médiocrité d'un 7ème art parti (presque) à vau-l'eau de nos jours. Un côté qui l'est toujours, libérateur, même si le film souffre un peu de tares dans sa seconde moitié où la situation vire au cauchemar d'un conflit généralisé entre les deux sexes.


Les scènes se succèdent entre celles d'une absurdité amusante et celles qui partagent une paisibilité champêtre accompagnée d'un thème musical de George Delerue qui sent bon le café chaud. Mais le rêve masculin d'avoir une paix royale va basculer vers un enfer féminin qui aura le tandem de fuyards à l'usure,


... jusqu'à cette scène de gigantisme finale et osée où les deux devenus vieillards abîmés par les sévices sexuels obligatoires auparavant se retrouvent malgré tout, au bout du compte, dans les muqueuses humides d'un tube vaginal.


Jean-Pierre Marielle et Jean Rochefort forme un excellent duo moustachu parti se mettre au vert de la campagne provinciale et au rose de la charcuterie, un dérangement volontaire en réponse à des obligations conjugales d'une vie trop rangée devenue étouffante pour eux.


Se joignent à eux d'autres acteurs pour de plus ou moins courtes présences. Bernard Blier et le doyen du casting, Pierre Bertin, dans leurs personnages de curés amateurs de bonne chère lors de la très bonne scène du dîner qu'ils partagent avec les deux fuyards. Claude Piéplu, intercepté au tout début dans la rue (et que l'on revoit plus tard, dans la seconde moitié du film) pour une réponse improvisée et poétique à une question qui lui est posée. Gérard Jugnot apparaît dans un petit rôle au moment où les hommes partent en campagne laissant femmes et enfants derrière eux. Il y en a d'autres que j'oublie forcément mais dont les visages ne sont pas inconnus.


Dans des autres courts rôles, les femmes ne sont pas en reste non plus, à commencer par la belle Brigitte Fossey, l'épouse du gynécologue joué par Jean-Pierre Marielle, empruntant un faciès de prédatrice redoutable, au côté de Micheline Kahn, épouse du gigolo aimant se victimiser joué par Jean Rochefort, ce qui fait flipper le curé joué par Bernard Blier. On reconnaîtra, plus loin, Sylvie Joly, Marthe Villagonga, Dominique Lavanant complètement dévêtue, Dora Doll (que je ne connaissais pas) en cheffe militaire d'une compagnie féminine armée et affamée de sexe.


Calmos est un film qui commence fort, comme une farce succulente et grinçante avec des interprétations et des dialogues savoureux et truculents, avançant vers une finalité dystopique dans sa seconde moitié qui traîne un peu, parfois, comme si Bertrand Blier ne savait pas trop comment terminer son film. Mais quel film, quand même !


PS : Si j'avais eu l'occasion de rencontrer Bertrand Blier dans la vie, sans doute lui aurais-je demandé s'il avait entendu parler du livre paru en 1977, Les Filles D'Égalie, de l'écrivaine norvégienne, Gerd Brantenberg.





Monsieur_Scalp
7
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Créée

le 8 mars 2025

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