Il m'aura donc fallu presque 20 ans pour rattraper cette "fameuse" comédie. Gros succès en 2006, avec plus de 5 millions de spectateurs, 2 suites... et malgré tout une sale réputation de gros navet qui tache. J'ai finalement eu l'occasion de juger par moi-même, et aussi de découvrir le travail de Fabien Onteniente, dont je n'avais vu jusque là aucune œuvre.
Quelques part je suis agréablement surpris. M'attendant à un beauferie crasse d'une vulgarité sans nom (il faut dire quand même qu'on nous balance totalement gratuitement une paire de seins dans les premières minutes...). Mais non, "Camping" vole (un peu) plus haut.
Oui, c'est relativement beauf. Oui c'est ultra-prévisible et sans grand intérêt narratif. Mais Fabien Onteniente a réussi à livrer malgré tout quelques personnages attachants. Il se moque gentiment de leur côté nigaud à l'esprit fermé, pour ensuite montrer leur simplicité et leur joie de vivre. Claude Brasseur, Mylène Demongeot, Mathilde Seigner ou Antoine Duléry faisant le job. Par contre, Franck Dubosc en dragueur relou bas du front, c'est non pour moi. Le comédien est dans un numéro répétitif, bébête, et surtout affreusement pas drôle.
D'autant que Fabien Onteniente apparait comme un réalisateur assez peu compétent. La mise en scène est basique au possible, incapable d'exploiter pleinement les quelques répliques ou situations un poil amusantes (j'ai souri à quelques reprises). Un simple contre-champs ou plan serré aurait pu parfois créer un décalage... mais non, ça reste terriblement plate. Tandis que les acteurs sont essentiellement mal dirigés, livrant plusieurs moments gênants, entre deux placements produits peu discrets.
En conclusion, je ne pourrais décemment pas élever "Camping" au rang de bon film, voire même de comédie potable. Néanmoins il ne mérite pas de figurer parmi les pires films français, ou pires films des années 2000.