Un Fritz Lang méconnu mais qui vaut bien un connu chez les autres... !!!
Un film d'espionnage réalisé par le grand Fritz Lang, c'est toujours bon à prendre car c'est toujours synonyme d'efficacité. "Cape et poignard" ne fait pas heureusement exception à la règle. Bon on n'est pas au niveau des "Espions" ou de "Chasse à l'homme", mais pour bouder son plaisir il faut vraiment y mettre de la mauvaise volonté...
Un petit temps mort quand le réalisateur s'étend un peu trop longuement sur la romance naissante entre les deux protagonistes, une intrigue un peu naïve, un peu tirée par les cheveux, un Gary Cooper qui passe de physicien renommé à spécialiste du kung-fu à la vitesse de la lumière...
Mais on ferme volontiers les yeux car c'est divertissant et intense de bout en bout. Peu de réalisateurs ont réussi à faire mieux éprouver du plaisir à voir buter du nazi que l'ami Fritz, et comme ce dernier était un géant on a le droit à quelques séquences qui valent leur pesant d'or...
La première apparition de l'italianisée pour l'occasion très belle et excellente actrice allemande Lilli Palmer qui poignarde froidement une sentinelle nazie, sa seconde apparition où elle se déshabille (partiellement on était encore à l'époque du Code Hays !!!) à l'arrière d'un camion devant les regards concupiscents de ses complices, une scène très forte, filmée dans toute sa durée, où Gary Cooper est contraint de tuer à mains nues un espion ennemi, qui préfigure avec plus de vingt ans d'avance le mémorable meurtre dans la ferme du "Rideau déchiré" d'Alfred Hitchcock, un petit clin d’œil à "M le Maudit" avec un gamin et son petit ballon sauf qu'il ne vient pas à un assassin mais à une victime déjà morte, ou encore une fin qui rappelle "Casablanca" sauf que Gary Cooper prend ici la place d'Ingrid Bergman...
Mené donc sur un train d'enfer et aussi par un couple d'acteurs qui fait très bien la taf, un Fritz Lang méconnu mais qui vaut bien un connu chez les autres...