Atom Egoyan a toujours tendance à traiter de la solitude, de l'isolement. Quel autre sujet aurait plus coller à merveille que la captivité ?
Si on reprend bien, un couple de tout ce qu'il y a de plus banal, Matthew (Ryan Reynolds) et Tina (Mireille Enos), perd subitement leur fille Cass (Alexia Fast) sans laisser la moindre trace.
Quelle douleur peut être pire que de perdre son enfant ? Et bien on s'attend justement à morfler, que le film nous montre à quel point "Oui c'est horrible de ne pas savoir où est son enfant !", malheureusement il n'en est rien.
Outre le fait que le film met une bonne heure à décoller (et encore), il ne se passe rien ! Et c'est dommage car de nombreux sujets sont abordés (réseau pédophile, enlèvements, à priori plusieurs petits réseaux à démanteler avant d'accéder au "principal"....) mais uniquement abordés. Alors oui on a envie de savoir pourquoi et comment, d'avoir des précisions sur ces gens "bien placés" déviants, mais de là à nous laisser dans le flou comme ça sans aucune explications, c'est vraiment choisir la facilité et de ne pas trop se mouiller!
Bon d'accord, un film sur la captivité mais on est pas forcément obligé de parler du réseau. Donc on peut s'orienter sur comment la jeune fille (8 ans de captivité quand même) arrive à s'en sortir, à garder la tête sur les épaules ? Comment fait-elle face à son bourreau ?
Et bah toujours pas (hormis quelques phrases insignifiantes pour essayer de l'amadouer) ! Pourtant, le rôle de la victime dans un drame est phare, c'est ce qui nous permet d'être captivé par le film et de se mettre à sa place. Or, ici il n'en est rien. On ne ressent aucune empathie, aucune peine, pourtant elle s'est faite kidnappé et séquestré quand même. Mazette ! Même le syndrome de Stockholm n'est pas bien évoqué.
Alors si on ne parle ni d'enquête policière (une vraie enquête j'entends) ni de la victime, on parle de quoi ? De l'isolement, de la descente aux enfers des parents ? Bingo ! Et en fait non parce qu'on s'en fiche un peu.
La mère est très présente au début mais s'estompe petit à petit, et le père ne sait pas trop ce qu'il fait là. Ils ne sont pas du tout attachants, on n'éprouve pas une seule fois de la peine ni de la joie ni rien du tout. Et même si le jeu d'acteur n'est pas lamentable pour R. Reynolds, cela ne permet pas de sauver le film hélas.
En revanche, l'idée du micro twist (j'ai dit twist ?!) avec la flic n'est pas une mauvaise chose en soi, mais c'est tellement mal amené et tellement useless que cela n'apporte absolument rien puisqu'il n'y a aucun débouché sur cette organisation illégale.
C'est déjà la fin du film, bâclée et bourrée de stéréotypes (bien que je m'y attendais) mais du coup non merci, je passe mon tour.
La BO se fait très discrète voire inexistante et les plans sont très froids, ce qui pour ma part est osé pour ce genre de sujet et aurait été un très bon point si Egoyan avait réussi à mettre à bout son idée.
Du coup, je vous renvoie sur Room.