Sujet glaçant chaudement recommandé
Après la déception de GONE GIRLS, je me disais que j'allais devoir attendre longtemps avant de voir un thriller de qualité. Erreur, CAPTIVES c'est un peu PRISONERS, pour l'histoire, qui entre en collision avec 21 GRAMMES pour la forme narrative. Nous n'atteignons pas la perfection de ces deux films mais ça reste une très belle surprise pleine de maîtrise dans la mise en scène tout de blanc vêtue et dans le scénario à la temporalité éclatée.
CAPTIVES est un récit de disparition sur toile de fond de réseau pédophile. La force du récit et de cette construction narrative est de cacher derrière l'abject de surface de ce sujet, une réalité encore plus glaçante qui se révèle à nous progressivement.
Mais ici, on ne cherche pas à jouer sur la manipulation du spectateur mais plutôt à essayer de le placer dans les meilleures conditions pour le faire résonner en empathie avec l'ensemble des personnages de l'affaire. Objectif réussi.
Autre point pour lequel je recommande chaudement la froideur de ce film : pour une fois dans ce genre d'histoire de kidnapping, on ne nous sort pas la thématique éculée et réactionnaire de la vengeance personnelle, de la recherche de se faire justice par soi-même que l'on trouve dans pléthore de films médiocres et dans l’ère du temps. Le rôle du père dans le film est exemplaire. Impliqué mais pas cow boy.
Malgré cela, sans faute non atteint, le cinéaste Atom Egoyan est moins à l'aise dans la résolution de son histoire et le choix d'un climax pas trop spectaculaire n'était pas forcément le meilleur. Sur ce point PRISONERS rules! Mais au moins en réussissant toujours à conserver son scénario sur la ligne étroite entre surenchère et réalisme, CAPTIVES évite l'implosion de GONE GIRLS.