Atom Egoyan aurait-il retenu captif le festival de Cannes ? Comment expliquer autrement la venue en compétition officielle de Captives quand tant de grands films se bousculaient dans la sélection d'Un certain regard ? Après Michael trois ans plus tôt, la compétition officielle nous ressort une énième version du fait divers de Natascha Kampusch. La petite Cassandra est enlevée très jeune puis retrouvée huit ans plus tard sur internet. De sa grotte secrète offerte aux yeux de tous, un taré la tiens prisonnière pour rameuter des jeunes filles aux pédophiles. Cachés dans leurs antres, les cyber-pédophiles font états de leurs horreurs aux yeux de tous, au nez et à la barbe des enquêteurs qui se voit dans l'impossibilité de les infiltrer. Captives intéressant lorsqu'il pointe les difficultés que représente la traque des pédophiles par les policiers. Le reste a été déjà vu mille fois. Atom Egoyan n'apporte aucune profondeur ni nouveauté à ce thème. Il nous ressort le même méchant tellement coquet qu'il en devient flippant et l'énième mise en cause d'un membre de la famille et le déchirement prévisible du couple.
Atom Egoyan parie sur sa mise en scène. Le froid hivernal canadien et ses déserts de neige alimentent une atmosphère anxiogène. Mais comme souvent chez le réalisateur, sa mise en scène se veut tellement soignée qu'elle en devient clinique et -c'est le cas de le dire- froide. Comment est-il possible d'autant s'ennuyer devant un film policier ? Les nombreux allers et retours dans le montage nous perd complètement et annihile tout progression dramatique qui finit par lasser le spectateur. Il n'y a aucun suspense ni recul. Captives n'est au final qu'une piètre tentative d'illustrer la traque de prédateurs sexuels. Un ratage quasi-complet pour un film tout sauf captivant.
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