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Cartel a généré une extrême polarité des critiques, soit très négatives, soit très positives. Point d'appréciations mitigées, de vagues déceptions ou de satisfactions modestes. Lorsqu'une oeuvre appelle des jugements aussi tranchés, cela traduit nécessairement des parti pris visuels, narratifs et moraux exprimés sans nuances. Autant vous dire qu'après avoir lu la consternation des uns puis l'enchantement des autres, on est décidé à se faire sa propre opinion.
A la différence de nombreux éléments de sa filmographie généreuse en scènes spectaculairement violentes, la substance de ce film est moins faite d'hémoglobine que d'une réflexion glaçante sur les choix que l'on fait dos au mur.
Ces mauvais choix sont ici ceux d'un avocat, qui, pour sortir d'une mauvaise passe financière dont on n'ignore les détails, s'associe à son excentrique ami Reiner, propriétaire de clubs et selon toute vraisemblance trafiquant de drogue. Michael Fassbinder excelle à interprêter ce jeune loup bardé d'assurance mais dont on devine la fébrilité lorsqu'un énigmatique intermédiaire tente en vain de le détourner de son projet funeste. De le sauver, comprendra-t-on plus tard.
Las, l'engrenage est enclenché, le spectre de l'irréversibilité recouvre progressivement le film...Et se fait prétexte à des échanges existentiels entre le jeune avocat et ses différents interlocuteurs sur le coût de certaines décisions, leur conséquences ou encore l'acceptation de la réalité.
Malgré l'emphase et le caractère nébuleux de certains aphorismes, ces séquences s'intègrent parfaitement bien dans le récit. Les personnages se désincarnent pour mieux devenir les messagers d'un propos radicalement pessimiste.
De la noirceur émergent çà et là des instants de grâce à travers la délicate présence de Pénélope Cruz lors de scènes intimes.. Et comme une dernière étincelle de légèreté avant que le compte à rebours fatidique ne s'égrenne ,Reiner, le visage emprunt d'une désopilante perplexité, narre une scène de sexe particulièrement étrange offerte par sa compagne. Un denier sourire avant de tout perdre.
Créée
le 16 janv. 2014
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