Dix ans après, ce n’est pas parce qu’on pique Noël Roquevert qu’on arrive a refaire Fanfan la Tulipe si personne n’est là pour remplacer Henri Jeanson…

Charles Spack a un talent certain et Philipe de Broca s’y connaît en divertissement bondissant, mais le mélange ne prend jamais.

D’un côté, une atmosphère de BD un peu torchée qui accumule les plans tordus absolument ineptes mais garde un petit charme historique grâce à la fougue bébèlienne et de l’autre un goût pour le tragique un peu plus réussi mais qui n’arrive pas à s’accrocher au wagon en marche.

C’est dommage comme tout, c’était prometteur un film sur les aventures de Jean Bourguignon sous la Régence, une ambiance d’auberge et de malandrins, de jolies donzelles et un petit côté joyeusement truculent qui sauve tout de même le film du complet naufrage.

Le problème, je veux dire en plus du mélange surréaliste de tons et de l’imbécillité des coups d’éclat du héros, c’est que si on veut voir Robin des Bois, vaut mieux se refaire l’Errol Flynn, parce que Bébèl est sympathique mais ne lui arrive pas au mollet en collant, que Petit jean est toujours mieux sans un accent horrible et que j’aime bien Jean Rochefort, mais il ne trouve jamais sa place… Quant à Jacques Balutin en frère Tuck (pardon, en Capucine), son rôle est au mieux absolument insignifiant…

Alors pourquoi est-ce que, malgré tout, malgré des dialogues qui tombent à plat et un rythme abominable, malgré un Marcel Dalio pénible et malgré l’incohérence démesurée qui semble présider à l’ensemble, je continue à aimer un peu ce film ?

Et bien, parce qu’il y a Vénus, et que ça suffit à mon bonheur.

Vénus c’est Claudia Cardinale à 24 ans, sa petite moue, ses yeux merveilleux, ses cheveux retombant sur les plus jolies épaules d’alors… C’est aussi le seul personnage un peu intéressant du film, un concentré de féminité et de liberté qui donne envie de tout pardonner derrière. Pardonner à Cartouche sa goujaterie et sa fatuité à son égard, pardonner l’immense bordel de l’ensemble qui pousse parfois à l’écoeurement et se laisser mourir d’amour pour ce joli diamant qui brûle de mille feux et qui méritait sans nul doute un écrin à sa démesure.

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le 27 nov. 2012

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Torpenn

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