Le Docteur Eugene Ferguson et sa femme passent des vacances dans un pays d'Amérique du Sud qu'on nous dit fictif mais qui ressemble étrangement à l'Argentine. Au moment de rentrer chez eux, ils sont arrêtés par le colonel Adragon et emmenés de force au palais présidentiel.
Une femme (Evita ?) les reçoit en s'excusant platement : son mari, le président-dictateur Farrago est très malade, atteint d'une tumeur au cerveau. Il faut l'opérer et comme le pays est au bord de la guerre civile, on ne peut le déplacer. Elle propose donc au Dr Ferguson de s'en charger. La marge de manœuvre pour refuser est assez limitée, et tenu par le serment d'Hippocrate, Ferguson finit par accepter, tout en demandant ses honoraires habituels : 10% des revenus du patient (très bon système by the way, on pourrait boucher le trou de la sécurité sociale comme ça). Farrago (Mel Ferrer/Houdini) est donc examiné et l'opération programmée. Il faudra quelques jours pour entraîner l'équipe médicale, ce qui laisse le temps à une relation de se créer entre les deux hommes, où chacun est à la merci de l'autre.

Poussant le bouchon, le Dr Ferguson décide de sortir en ville. Il se retrouve dans un bar truffé d'opposants moustachus qui lui demandent de rater l'opération. Sensible à leur cause et choqué par les brutalités policières, il est troublé. Sa femme se retrouve ensuite prise dans une émeute et il décide de la renvoyer aux Etats-Unis. Ce qu'il ne sait pas, c'est qu'elle est kidnappée par les opposants qui entendent faire pression sur lui, Evita ayant intercepté la lettre de menaces. Il opère Farrago, pendant que tout le pays est figé dans l'attente.

Le bon côté du film, c'est qu'il met le spectateur à la place du héros, un peu touriste en dehors des enjeux, mais régulièrement questionné. Même s'il n'atteint pas des sommets, il se laisse regarder, grâce à une ambiance de ville en proie à la rébellion assez réussie (dialogues en espagnol réalistes, couvre-feu inquiétant), au duo Grant/Ferrer, l'homme libre et le dictateur, tous deux prisonniers, et à sa fin assez noire qui rappelle bien des images d'actualité.
Gizmo
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le 6 déc. 2011

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