Tombée en désuétude suite à une poignée d'épisodes incapables de proposer la moindre touche rafraîchissante, la mythique saga 007 allait renaître de ses cendres en 2006, à l'occasion de sa vingt-et-unième aventure. Profitant du départ de Pierce Brosnan au profit d'un nouveau comédien, il est décidé de revenir aux sources en prenant appui sur le premier roman de Ian Flemming, Casino Royale, et de s'attarder ainsi sur les premiers pas du célèbre agent secret.


Renouvellement salvateur de la série, Casino Royale s'éloigne d'emblée du ton habituel, s'imprègne d'oeuvres plus modernes comme le diptyque Jason Bourne (le troisième volet ne sortira qu'un an plus tard) ou la série télévisée 24, s'immergeant complètement dans le cinéma post-9/11, plus complexe, plus sombre, plus torturé. Remodelé, repensé, méconnaissable, le James Bond nouveau n'a plus grand chose à voir avec ses prédécesseurs. Imposant, purement fonctionnel, il s'apparente à une machine à tuer, un bulldozer qui verra sa carapace s'effriter au cours d'un récit qui n'est pas sans rappeler les "anomalies" que furent Au service secret de sa Majesté et Permis de tuer.


Clairement divisé en deux parties bien distinctes, Casino Royale commence par offrir un pur film d'action spectaculaire, bourrin et mené tambour battant, piochant un peu partout afin de proposer un spectacle nerveux et percutant. Une vitrine idéale pour un agent enfin véritablement crédible dans l'action, musculeux et froid, parfaitement incarné par un Daniel Craig étonnant. Puis le film bifurque vers autre chose, vers une sorte de duel psychologique et feutré où notre héros (et donc le spectateur) fera face à deux éléments inattendus.


Le premier est un bad guy aussi classe que repoussant, interprété par l'immense Mads Mikkelsen, calculateur de génie mais qui ne représentera finalement que la partie visible de l'iceberg. Le second élément est la présence d'une James Bond Girl enfin importante, incarnée avec talent par la française Eva Green. Loin de la simple potiche, elle se révèle un point déterminant dans la construction du personnage de James Bond, et leur relation reste la plus forte, la plus romantique (la scène de la douche vaut toutes les scènes de cul du monde) et surtout la plus tragique depuis Au service secret de sa Majesté.


Parfaitement mis en scène par Martin Campbell (qui avait déjà redonné un second souffle à la saga avec Goldeneye) et bénéficiant d'un scénario simple mais bien ficelé, tout autant que de séquences d'action sacrément impressionnantes, Casino Royale est sans conteste un des épisodes les plus réussis toute période confondue. Classieux, nerveux, plus humain et plus profond que prévu et s'autorisant même une pointe d'humour efficace, il offre un petit coup de fouet à une série qui en avait bien besoin, ainsi qu'une des incarnations les plus probantes du célèbre héros en la personne de Daniel Craig, aussi juste dans l'action que dans l'émotion.

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le 23 oct. 2015

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Gand-Alf

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