Cati est une jeune femme de 24 ans travaillant dans une usine de textile en Hongrie, et qui a grandi au sein de l'assistance publique. Elle apprend l'existence de sa mère, et décide de la rencontrer en prenant le train, mais les retrouvailles ne sont pas ce qu'elle va imaginer...
C'est le premier film d'une réalisatrice hongroise, Márta Mészáros, avec des accents biographiques, mais qui parle avant tout de la liberté de cette femme, incarnée par Kati Kovács. Car la rencontre avec la mère n'incarne qu'une partie de l'histoire, le film raconte avant tout l'indépendance d'esprit de Cati, qui envoie bouler à deux reprises un prétendant, couche sans amour avec un type, et semble s'amuser lors de danses endiablées, mais toujours avec un petit côté triste qui n'ignore pas son passé trouble. Comme les retrouvailles familiales qui ne sont pas ce qu'elle espérait, où tout est d'une grande froideur, comme si les apparences ne suffisaient pas à démontrer le mur qui sépare cette mère de cette fille. L'une qui vit en tant que mère au foyer, entièrement soumise à son mari, et l'autre dont on sent qu'elle a envie d'autre chose.
Le film est à l'image de cette liberté, avec une scène assez touchante où elle va rencontrer un typer qui, pour la séduire, va lui parler en français, notamment en citant une tirade du Corbeau et du renard dans notre langue, et une réalisation d'une grande fluidité. D'ailleurs, ça ne dure que 80 minutes, et cela suffit pour raconter l'odyssée de Cati à la recherche de soi-même, ce qu'elle pourrait trouver dans les dernières minutes.