Amusant de voir John Waters, cinéaste indépendant, iconoclaste et culte, passé par Hollywood et vite revenu, filmer l'histoire d'un cinéaste extrémiste et véritable gourou, vouant autant un culte au cinéma qu'il exècre Hollywood et sa logique de production. Peut-être Cecil B. Demented est une caricature de certains cinéastes cinéphiles (Tarantino est ouvertement cité), ou de ceux qui ne jure que par eux et mette en exergue des cinéastes obscurs sans connaître les classiques, ou peut-être est-il une caricature de Waters lui-même, ou de celui qu'il aurait pu être si, derrière sa fine moustache et ses atours de dandy inverti, il n'était un authentique punk dont l'amour de l'Art (et du cochon) ne connaît ni chapelle ni limite.
Passé ce début de tentative d'analyse, le film n'offre, malheureusement, pas grand chose. Le délire mystique et total de Cecil et ses comparses est marrant et offre quelques lignes de dialogues WTF, mais peine à pleinement convaincre, la caricature de star retrouvant le vrai goût de son travail d'actrice jouée par Mélanie Griffith est aussi amusant, mais sa caractérisation comme son évolution ne sont pas super bien menées, et le film se prend un peu les pieds dans le tapis en jouant sur les même tableau que ce qu'il dénonce (violence et sexe comme ressorts des actions du groupe, mise en scène de sa propre mort. Bref, Cecil racole comme un blockbuster estival...)
A moins bien sûr que cela face partie de la caricature, et que John Waters, tout amoureux du cinéma qu'il est, considère ainsi tout ces « cultes » et ces « fans » pour ce qui n'est, au final, que des images. Punk, on a dit...